Voyez Tari. Aitika cité plus haut
5. Bceckh, ibid., p. 155. On sait avec quelle admiration Platon parle de son pays : Tô «^àp >ûv aùiii; (x^f a;) ïm^sm^ ivof^iXXov iari icpô; ^vrtv&Ov TÛ> t;9{4.9opov iû«a^<TOv Ti 'IvAi xai l'Â; ^woi; iG€oTCv. (Critioê, p. 110, If erg la (in.)
S74. LIVRE I. GHâPITRë VIII.
Tons admettre avec lui que le pays ait pu produire les 2,500,000 mëdimnes de grain, complément nécessaire i la consommation des habitants, d'après son système ^ D faudrait que presque la moitié du pays fût consacrée i cette culture* Or, en Fronce, le rapport des terres cullivëes en céréales à la surface totale du pays est d^enviran un tiers pour la région N. E. et pour la région N. 0.; d'un quart pour la région S. 0., et d'un cinquième à peu près pour la région S. EV L*Attique, évidemment, ne dépassait pas les premières, mais très probablement aussi elle n'était point inférieure à la dernière. On ne peut supposer qu'elle ait eu moins du cinquième de sa surface en blé oa en orge, à une époque où le domaine agricole était si pea Yarié, et avec un mode d'exploitation qui trouvait place pour l'orge au milieu de la vigne \ Admettons donc m cinquième du territoire pour cette culture. L'Attique et Salamine ont une surface de 734 ""* *- *"*, 14, soit en* no» bre rond 730 milles géographiques , équivalant i . 849,848**^'-, 41, dont le cinquième est 49,968 ''•*=*•, 50. A 11 hectolitres par hectare, produit inférieur à celui de li région S. E» de la France \ nous aurons 549,653 liectdi-
i. 11 compte 5,012,500 médimnes dont i»000,000 est fourni par les importations et le reste par le pays. Avec la semence et ïî^ semence de U semence évaluée âu i/5, celte quantité:^^, 195,500. (Voyei Bœckh, 1,15, p. 15â.)
1 La région N. 0. a 3,925,488 hectares en céréales sur 12,4o1,32S = 0313.
U région N. E. 4,017,607 sur 13,845,33S = 0.315.
La réeion S. 0. 3,568, iïW sur 13.51 l,7Sis£0,œ.
U région S. E. 2,490,591 sur 13.t87,IB3 m^itt.
3. La région S. E., à laquelle nous avons Comparé rAtlIqiif, a 227,377 hectares en pommes de terre ot 6S,392 en sarrasin. Base bornant à ajouter le premier nombre à celui des paMieâ cullÎTées en céréales, on a déjà plus du cinquième. Les vignes forment prés dit quart de l'étendue cultivée en céréales (618,703 hectares).
4. La production moyenne est de H ••«'»'•, 27 pour Tensemble des
DU NOMBRE DES ESCLAVES EN GRÈCE. tlb
très =: 1,056,526 médimnes, qui, ajoutés au million do l'importation étrangère, forment une quantité supérieure aux besoins du pays, en lui donnant 310,000 habitants S
Par tout ce qui précède, nous croyons avoir élabli les points suivants : 1® le nombre de 60,000 esclaves, auxquels îénophon fait allusion, quand il propose d'en acheter, « jusqu'à ce qu'il y en ait trois pour un Athénien, » n'est relatif qu'au travail des mines, et n'a de réalité que dans sa théorie : on n'en peut rien conclure touchant le nombre total des esclaves de l'Attique ;
i^ Le nombre de 400,000 esclaves, donné par Athénée, sur la foi de Ctésiclès, comme résultant du rccensemen de Démétrius de Phalère, est un nombre général, comprenant la population scrvile tout entière : les paroles d'un autre interlocuteur, qui attribue ces myriades d'esclaves aux mines de Laurium, sont vagues, sciemment exagérées, et sans portée contre un texte dair et précis ;
départements de cette région, et de il ^****''*,3i pour les départements maritimes qui en font partie ; en orge elle est de 14 ^******,06. Nous avons tout calculé sur le taux du froment. A ne compter que 10 hectolitres de production par hectare, on aurait encore 499,685 hectolitres = 960,478 médimnes, c'est-à-dire 30,000 de plus que la quantité nécessaire : de quoi sufHre à cinq ou six mille habitants de plus.
i. On pourrait être tenté de chercher dans ce surcroît de production la part des étrangers que leurs affaires attiraient passagèrement à Athènes ; et Letronne, nous Tavons vu, ne les porte pas à moins de 15,000 à 20,000. SU fallait les ajouter à la somme de la population comme un élément nouveau, rien ne s*y opposerait dans notre hypothèse ; mais, selon toute apparence, le nombre des étrangers venus en Attique se compensait, en partie, par le nombre des habitants, libres ou esclaves, que les mêmes raisons en tenaient éloignés.
S"" Mais, d'autre pari, un texte de Thucydide dit que Tile de Chio avait le plus d'esclaves après Sparle. Or Sparte ne devait avoir que 220,000 hilotcs ; Chio pouvait bien réunir environ 210,000 esclaves. La population servile de rAtlique ne pouvait donc guère dépasser 200,000.
Cette limite, qui ne pouvait être franchie, fut-elle ao moins atteinte? Aucun texte ne nous marque positivement la limite inférieure. Mais l'ensemble des témoignages relatifs aux esclaves, Tusage si répandu des serviteurs, surtout des femmes à Tintérieur des maisons, l'emploi des hommes dans les travaux de l'agriculture, des carrières et des mines, dans toutes les fonctions de l'industrie, pour tous les besoins du commerce et de la navigation» chez un peuple où toutes ces choses allaient de front et allaient si loin, supposent évidemment un nombre total fort considérable. Ajoutons que l'argument tiré de la quantité des importations et de la production du blé en Attique, dans les ternies où nous l'avons ramené, peut servir à donner à ce nombre la limite inférieure qui lui manquait, et confirme ainsi nos résultats. En effet, nous avons évalué la consommation au maximum, et la production au minimum qu'elles aient pu atteindre dans des limites raisonnables. Nous avons pris pour la consommation individuelle 2 *»^^*»*'*"*^93 par an, quand, pour la France, elle n'est que de 2 »»*<^«o»**'^ji, et de 2 »'*'*='«> "^"^ 42, pour la région S. E.; et nous avons porté la sem.ence au 1/5 du produit, quand, dans cette même région et à plus forte raison dans les autres, elle demeure, terme moyen, en deçà. Pour la production par hectare, nous sommes resté encore au-dessous de la mesure moyenne de fertilité de cette partie de la France ; et enfin, quant à l'étendue du territoire consacré à la nourriture de l'Iiomme, nous ne Pavons pas dépassée. Et pourtant la
France et TAt tique ne sont point dans la même situation à cet égard. La France peut renfermer la culture des céréales dans ces limites, parce que, dans ces limites, elle suffit à tous les besoins de ses habitants. Mais TÂttique, forcée de recourir à Télranger, devait naturellement tendre à élever sa production intérieure le plus près possible du niveau de ses besoins. C*est donc accorder beaucoup à la stérilité du pays, que d'admettre que, dans ces circonstances, cette borne n*ait pas été franchie; et ainsi le produit total de 549,653 hectolitres, ou 1,056,526 médimnes, doit être un des plus faibles qu'on puisse supposer à TAttique. Retranchons-en 200,000 médimnes pour la semence, il en restera 856,526 à la consommation; et, comme les importations étaient au minimum de 800,000, on aura donc 1,656,526 médimnes pour la moindre quantité de blé qui ait dû se consommer en Attique. A raison de trois quarts de chénice par jour et par tête, ou de 5 médimnes 5/8 (2 »»««»«"'^^»,95) par an, elle suppose, au minimum, 294,500 habitants.
C'est donc entre ces limites de 295,000 à 310,000 âmes que l'on doit fixer le chiffre de la population en Attique, et, selon toute apparence, plus près de 310,000 que de 295,000. Or la population athénienne étant portée, sans contestation, à environ 67,000, la population métèque à 40,000, la population servile sera comprise entre 188,000 et 203,000 âmes.
Athénée parait donc avoir doublé le nombre des esclaves portés au recensement de Déméfrius de Phalère. Nous en dirons autant et plus encore de ce qu'il rapporte des esclaves de Corinlhe et d'Égine, malgré les autorités dont il s'appuie et l'adhésion que Bœckh lui a donnée. Il dit, en effet, dans la suite du même discours, qu'au rapport de Timéc, Corinthe aurait eu 460,000 esclaves, et, selon
S78 LIfRB I. CHAPITRB TIIL
Aristote* Égine 470,000 ^ Sans doute œs deux irOles, qoi fiiisaienl autrefois presque seules le Gmnmerae awc ki rivages de la Héditeiranée* et prindpalement do Fonl- Euxin, devaient y employer un nombre considèrdile d'esclaves. Hais Bœckh reconnaît lui-même que F^ioqae m élait certainement antérieure au dëvelonpeinait de la pn^ sance d'Athènes * ; et ainsi les témoignages d'Anatole et de Timée, en les supposant authentiques, ne seraient pas esstemporains. Ils pourraient donc n'être que des ooiyecliinB hasardées sur les souvenirs de l'antique prèpondêneea maritime de ces deux Ëtats. Us n'ont, d'ailtoirs, auena lUl qui les appuie ; et ils ont contre eux la vniaemUanee et les raisons tirées de la constitution du pays. Ea eflM, Corinthe ne possédait qu'une contrée étroite et âpre abords de l'isthme. Êgine est, selon les mesures que avons prises sur la carte d'Aldenhoven, une Ue nMOla» gneuM do ^^^^t^-^^nu^^^ ^^ 2425 sUdes olympiqui
carrés (83 kilomètres carrés). Ainsi, en portant pour cells dernière la population libre à 130,000 habitants, soit sa tout 600,000, on aurait 7230 habitants par kilomâlre carré : proportion deux fois plus forte que dans le département de la Seine, et seulement environ trois fois mcmidre que dans Tanciea Paris * ; l'Ile eutière couverte d*habi« tations réduites à un ou deux étages !
1. Athén. VI, p. S7S. ainton (Fait. Hellm., t. II, p. 515, noCek, 3* édition) propose de supprimer le mot Tiooxp«iovT« dans ces pvsages : ce qui réduirait le nombre des esclaves de Gorialhe à 60^000 «I celui des esclaves d*Egine à 70,000.
â. Bœckh, Écon. polit I, 7, 1. 1, p. 65.
3. Selon V Annuaire du bureau des longitudes de 184S le département de la Seine avait alors 1,106,891 habitants pour 475 k^>«**^ «>"**48, •^it 9,3S7 habitants par kilomètre carré; et Paris 909,136 habiCanfi pour 3i ''»'*n»«"^ ""*».2i. soit 26,552 habitants par kilomètre carré.
Ces nombres doivent donc ôtre abandonnés, et il faut se contenter de conjectures plus en harmonie aveo lesi vraies conditions de ces États. Égine, la moins bvorisée de la nature, la plus gênée dans son commerce par les progrès des Athéniens» dut être toujours fort au-dessous de TAttique, en ce qui touche le nombre des esclaves, ot elle baissa de jour en jour davantage. Corinthe, assise à la tftte du Péloponnèse et sur la grande route du commerce de rOrienl et de TOccident, resta libre et continua d'exploiter ces nombreux esclaves qui faisaient donner à ses habitants le surnom de XoivixoiJiéTpai (mesureurs de chénices)^ Mé« gare, dorienne comme elle, et non moins infidèle au génie de cette race guerrière, se livrait aux mêmes soins, quoi* que dans des conditions inférieures. Repoussée du grand commerce par Athènes, elle se réduisait généralement aux métiers : la plupart des Mégariens, dit Xénophon, vivaient de la fabrication de tuniques, et du travail d*esclavei bar* bares qu'ils employaient à cette industrie*. Les esclaves pouvaient encore se trouver réunis en certain nombre dans les lieux où se pratiquait tel ou tel autre genre de spéculation : à Délos, à Delphes, par exemple, dont les habitants changeaient presque tous leurs demeures en hôtels garnis pour le service des étrangers, etc. \ Et ce que nous avons dit des Grecs d'Europe s'applique à plus forte raison à
\. Hérodote (U, 167) parle de Testime que les Corinthiens ftisaient de IMndustrie; Gicéron, des suites funestes de cet esprit eidusivement mercantile qui corrompit leur Ëtat : « Corinthum pervertit aliquando... c hicerror acdissipalio civium quod, mercandi cupiditate et navigandi, t et agronim et armorum cultum reliquerant. » (De Rep, U, i.)
T«t j.... cÛTOi ptàv «yàp àvcôaevci P«p6apiu; i"»5p«ireu; lx''W«v, A*t' 軫^fC«i'v Ip-fâ^foOsii è. xaXûc tfiK, (Xén. Mémor, II, th, 6.) 3. Athénée, IV, p. 175, et XU, p. 550.
280 LIVRE I. CHAPITRE Vlil.
leurs colonies, à ces villes essentiellement industrielles et commerçantes, parmi lesquelles se trouvaient les principaux marchés d^esclaves. En Orient, Chio, dont les habitants commencèrent, dit-on, ce genre de traflc ; Êphèse, qui le pratiquait parmi les populations asiatiques, aux dépens des Grecs eux-mêmes; Milet, Phocée, Rhodes, etc. En Occident, Tarente, Sybaris, renommées pour le grand nombre de leurs esclaves de luxe S et Cyrène, où il était d'usage, dans le banquet offert par le grand prêtre à ses prédécesseurs, de donner à chaque convive Tesclave qui Tavail servi*.
Ainsi, partout chez les peuples livrés à l'industrie et au commerce, nous retrouvons des esclaves, comme nous avons trouvé des serfs chez les peuples établis par la conquête, et restés plus longtemps fidèles à Tesprit de leur établissement. A côté de ces Etats commerçants ou belliqueux, il en est d*autres qui n'ont précisément ni Tun ni l'autre de ces caractères, et semblent former une catégorie à part, tels sont les Locriens et les Phocidiens. Selon Timéc, ils n'auraient connu que très tard l'esclavage; la femme de Philomèle (vers 505) eût été la première qui, chez les Phocidiens, parut en public accompagnée de deux suivantes ; et, vers la môme époque,
\. \llu*rn*e (XII. p. MO, \i\ parle des nombreux esclaves du philosophe Archylas deTareiile. Il mentionne aussi (Xll. p. r»il, r) ce Smyndide de Sybaris, qui vint demander la main do la tille de Ciisthêne, amen<int, disait-on à (iorinlhe, dans son corlè^'e, 1000 cuisiniers et oiseleurs. Élien (//i«/. mir. XII, ^2i, el IX, 24) y ajoute 1000 pèdieurs. Notons bien qullérodote, invoqué piir Aihénée, ne dit rien de ces détails dans le passaj^e où le fait est raconté. (VI, 127.)
2. .Vliién. XII, p. TmO, a, KX, IV, p. 151, Les princes grecs d^Orienl surpassaient à l'envi ces exemples de majçnificence. Voyez ce quWihénée dit (f un Plolémée (Ptol. Physcon) et d'un Séleucide (XII, p. 550. a-b, el V p. 210, P./1.
Mnason, qui entretenait 1000 esclaves, fut condamné comme enlevant, par là, le nécessaire à autant de citoyens'. Il faut dire que Timée est un écrivain suspect, surtout quand il combat Aristote ; or, ici, il prétendait le reprendre à propos des institutions des Locriens, et il est possible qu'il soit allé un peu trop loin dans la contradiction. D'ailleurs, il ne s'agit dans ce passage que d'esclaves achetés et de service intérieur ; c'est pour cet usage que les plus jeunes servaient les plus âgés, comme le dit Timée'. Il se pourrait donc que les Locriens et les Phocidiens, ayant, comme beaucoup d'autres tribus helléniques, des serfs pour les travaux des champs, aient pu supprimer ou réduire de beaucoup l'autre forme de l'esclavage^.
En constatant partout, à cette époque de la Grèce, l'existence des populations serviles, soit comme serfs dans les Etats guerriers, soil comme esclaves dans les Étals marchands, nous n'essayerons pas d'exprimer par des chiffres le nombre auquel elles s'élevaient. Les textes sont trop incomplets pour se prêter à une généralisation tant soit peu certaine ; et ces lacunes ne doivent point surprendre dans l'hisloire d'un grand nombre de ces peuples, quand leur vie politique est elle-même si imparfaitement connue. Mais nous avons, pour l'une el l'autre classe, un terme de comparaison dans les deux villes qui sont comme les deux pôles du monde grec, celles en qui se caractérisent le mieux ces deux tendances de l'esprit hellénique, le respect des vieilles coutumes el Tinstincl du progrès, le