‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 285 sur 366 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

m U CONDITION DES ESCIAVES DAl» LA FAIOLLE

RT DANS L*fTAT

Dans tout débat sur l'esclavage, quelle que soUrinfiuoice qu^on lui suppose sur les destinées des Ëtats, il faut toujours en venir des raisons politiques aux raisons d'hanuh nité. Car, enfin , il s'agit de rhomme : il n'est personne aujourd'hui qui ose le méconnaître; et Ton doit faire valoir, avant tout, le bien ou le mal qui résulte pour lai de cette condition. Or, la question présente divers aspects; et, selon le point de vue où Ton se place, on a pu trouver des raisons d'attaquer ou de défendre le fait en lui-même. Les uns, frappés des abus de la discipline domestique, refusent, sans autre examen, tout pacte avec un pareil état de société ; les autres, sans nier los abus, y voient de bien grandes compensations dans les avantages du régime ordinaire : cette vie de travail, mais cette vie assurée qui trouve, sans préoccupation et sans souci du lendemain, le pain de tous les jours, le vêtement, le couvert, n'est-ce pas, jusque dans notre âge, comme un reflet de Tâge d'or? Et l'on oppose à la société coloniale Timage de cette société européenne, si fiéi*e de sa civilisation et de ses libertés, où l'homme cesse d'être une propriété sans cesser d'être un instrument, c'est-à-dire où il a du travail, où il

est trop heureux d'en avoir, sans ôtre toujours assuré de trouver le nécessaire pour lui et pour sa famille. S'il appartenait pleinement au maître, à qui il est contraint de donner, d'ailleurs, tout son temps et sa force, par un mai- Ire plus impérieux encore, la faim*; si ce maître, qui remploie, avait un intérêt à le ménager, à Tentretenir, à élever ses enfanis, ne serait-ce pas une solulion comme une autre, et meilleure peut-être, de cette question si diversement agitée, et dont on a voulu faire un ferment de révolution : l'organisation du travail? Et pourtant, cette solution, nul n'oserait sérieusement l'avancer. Sans en voir plus, le simple bon sens, Pinstinct du peuple la repousse; Nous montrerons que cet instinct ne le trompe pas ; et pour le justifier nous n'aurons pas à forcer les traits, à charger les couleurs de notre tableau. Nous présenterons la condition des esclaves telle qu^elle résulte des monuments et des écrits d'un temps qui usait de l'esclavage, sans songer à l'abolir jamais. Nous la prendrons sous toutes ses faces, sans négliger pourtant d'aller au fond jusqu'au principe auquel tout se rapporte. Que les souffrances et les privations des familles ouvrières dépassent souvent celles des esclaves, nous ne le dissimulerons pas, et nous n'avons pas intérêt à le nier. C'est l'honneur des classes populaires de préférer encore les misères de leur état à une condition qui n'épargne qu'en dégradant. Elles portent le signe de la vraie nature de l'homme dans cette conscience de leur dignité.

1. AtfAou Jt 90^; G i^jAirtpc; ^%(tTf6vn;, (Liban, ùiscoun xxxi, Sur la icrvit,t t. Il, p. 652, a.)

M LITRE I. GHiPlTlB IX.

La loi suprême des esclaves, la loi commune i tom^ c*e8t de n'être rien : rien qu'une chose sous la mun du mailre ; et cette condition avait pour effi^ immédiat 4e las retrancha de la classe des personnes poiir les amimeliie aux lois qui régissent la propriété. Ilais^ quoique feadéi sur cette base unique, 1» rapports du naaltra et de Te»* dave purent se modifier selon les lieux, les tempe et las races. Le fait, invariable au fond, subissait dans aee Ibnms Tinfluence du nombre et de mille nécessitée exlérieans, celles des mœurs et des caractères; et les lois» qui s'sfr puient sur les mœurs ou parfois les defancent « sooe VÏih spiration d'une pensée plus parfoite, pour les élever d^m degré vers le mieux, purent ajouter leur sanction aux effets de rhabitude, et établir, comme règle pour tons, des ménagements qui étaient seulement dans Tusage de plusieurs. Prenons Thomme au seuil même de la vie serrile, et voifons comment se développait ou se modifiait dans la réalité le principe constitutif de ce nouvel état.

Les esdaves nés à la maison grandissaient, pour ainsi dire, au liasard et dans l'abandon, loin des gymnases et de tout enseignement propre à éveiller en eux la vie morale, jusqu'au jour où ils pouvaient prendre leur part au Ira* vaiP; achetés, ils étaient reçus, en Atlique, avec des formes qui voulaient leur rendre plus agréable la maison où ils devaient servir. On les faisait asseoir au fbjer, et la maltresse répandait sur leur tête des fruits secs et au-

Il Kschinei c« Timarque, p. 1 i7i

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