L'ESGLAYAGE DANS LES COLONIES (1847). XXXIX
a l'humanité, sont achetés, vendus et voués quelce quefois aux travaux les plus durs; et de plus, par « l'appât du gain offert par ce même commerce aux « premiers qui enlèvent les nègres, des querelles et a des guerres perpétuelles sont excitées dans leurs pays. « — De l'autorité apostolique nous repoussons tout « cela comme indigne du nom chrétien, et par la « même autorité nous défendons sévèrement qu'au- « cun ecclésiastique ou laïque ose soutenir ce com- « merce des nègres^ sous quelque prétexte ou couleur que « ce soit, ou prêcher ou enseigner en public et en « particulier contre les avis que nous donnons dans c( ces lettres apostoliques. »
Nous avons pris cette citation à M. Granier de Cassagnac* en nous permettant de souligner quelquefois un peu autrement que lui ; mais croit-on qu'on puisse en induire « qu'il résulte évidemment des termes de cette bulle que la condamnation tombe uniquement sur ceux qui réduisent les Indiens ou les nègres en servitude, qui les dépouillent de leurs biens ou qui en font commerce? d'où l'on est en droit de conclure que le saint-siége approuverait les hommes sensés qui, mus uniquement par le désir de civiliser les noirs et de les gagner à la religion et au travail, les rachèteraient de leurs maîtres idolâtres, les transporteraient humainement, sans vue d'aucun trafic, dans les îles ou sur le continent d'Amérique... » Partez, bons et honnêtes négriers, partez