XL INTRODUCTION
pour la côte d'Afrique : de s esclaves vous y attendent (le crime en retombe sur ces rois galeux qui les ont asservis!); partez vite, car en vous attendant, épuisés par les fatigues et les privations d'une longue route, ils gémissent haletants sur cette plage brûlante : et si, sur votre vaisseau, ils ne trouvent guère plus d'aise, si, entassés pêle-mêle, hommes et femmes, dans des entre-ponts infects, ils meurent par centaines, sans même débarrasser toujours les autres de leurs cadavres, le crime en retombe sur ces philanthropes qui ne vous permettent pas de leur ménager une place plus commode! Qu'ils répondent aussi devant Dieu de tous ceux que, poursuivis de trop près, vous aurez dû jeter vivants à la mer, afin de sauver votre équipage compromis par cette mission mal comprise*!
i . Voyez les nombreux témoignages d'officiers de marine ou de voyageurs, rapportés dans V Appel sur Vesclavage et la traite des nègres, par la société religieuse des Amis. Le zèle de ces hommes droits et honnêtes pour la cause de la liberté n'est pourtant pas une raison de préférer à leurs textes le témoignage « des négociants qui ont acheté et transporté des esclaves toute leur vie. » — Voyez aussi un très-bon article de M. Cochut dans la Revue des Deux-Mondes (45 juillet 1845). Ce sont d'ailleurs des faits qui se reproduisent sans cesse, et tous les jours on en trouve de nouvelles preuves dans les journaux les moins défavorables au maintien de Tesclavage. Une lettre d'un croiseur français, rapportée par la Presse du 25 novembre 1845, parle d'un capitaine négrier brésilien, qui attendait son équipage avec des nègres, enchaînés au cou, dix par dix. Une autre lettre d'un officier de la marine anglaise, donnée dans le mùme journal (19 octobre 1845), disait : « Tous les moyens que nous employons, et que nous pouvons employer, échouent misé-