Ibid. V, p. 452, 457, c, 459, e, 461, c
de même des autres métaux. Le dieu recommande principalement aux magistrats de se montrer ici excellents gardiens ; de prendre garde, sur toute chose, aa métal qui se trouvera mêlé à Tâme des enfants; et, si leurs propret enfants ont quelque mélange de fer ou d*airain, il ?eot absolument qu'ils ne leur fassent pas grâce, mais qu'ils les relèguent dans Tëtat qui leur convient, parmi les artisans ou parmi les laboureurs. Si ces derniers ont des enfants en qui se montre Tor ou Targent, il veut qu'on élève ceux-ci au rang des guerriers, ceux-là au rang des magistrats : parce quMl y a un oracle qui dit que la république périra lorsqu'elle sera gouvernée ou gardée par le fer ou par^airain^l>
Ainsi Tcsclavage était proclamé nécessaire et naturd. Platon le repousse comme naturel, et prouve qu*il n*est pas nécessaire par le plan qu'il trace, et de la société primitive et de la société comme elle peut se reconstituer sous la main du législateur. 11 fait plus, il demande l'abolitionTde ce droit, au moins en ce qui concerne les Grecs, de peur de frayer la voie à la domination des barbares^ Il se tait sur les barbares : en effet, autant il lui paraissait contraire à la nature et inutile en soi d'avoir des esclaves, autant il lui semblait dilTicile, dans la condition présente des Étals grecs, d'arriver, par voie de réforme, à les sup-
1. Platon, Réf. III, p. 415; IX, p. 187 de la belle traduction de M. Cousin.
2. c En ce qui regarde l'esclavage des prisonniers de guerre, dit-il, te semblc-t-il juste que des Grecs réduisent en servitude des cités grecques! Ne doivent -ils pas plutôt le défendre aux autres autant que possible, et exiger, en principe, d^épargner la race grecque, de peur de tomber dans Tesclavage des barbares? Ainsi ne doivent-ils pas eoimêmes n^avoir aucun esclave grec, et conseiller aux autres Grecs de suivre leur oxemplo? iitéo. Y, p. 469, b, — Trad. ibid. p. 895.)
primer; el, dans les Lois^ où la pensée du philosophe re-. descend sur les institutions en vigueur, pour les améliorer en les rapprochant, s*il se pouvait, de leurs exemplaires divins, il n'a pas même un instant la pensée d'ouvrir au monde un chemin qui le ramène aux vraies conditions de la nature. Entre la société de la République et celle des Loisj il y a un abîme creusé par la nécessité. La société se partagera donc entre les libres et les esclaves. Platon reconnaît rinjustice naturelle de celte destinée et les légitimes répugnances de l'homme à s'y soumettre; mais il s'incline devant cette suprême loi du sort qui domine ses lois^ 11 n'en examine plus que les avantages et les inconvénients, et sa conclusion est, non de supprimer les esclaves, mais de les traiter de telle manière, qu'ils restent utiles sans élre dangereux. On nous saura gré de citer ici en entier la traduction de ce passage capital, auquel nous aurons à revenir en plus d'un lieu : j
« L'article des esclaves est embarrassant à tous égards. Les raisons qu'on en rapporte sont bonnes en un sens, et mauvaises en un autre; car elles prouvent à la fois l'utilité et le danger d'avoir des esclaves. S'il y a quelque difficulté à justifier ou à condamner l'usage des esclaves, tel qu'il est établi chez les autres peuples de la Grèce, cette difficulté est incomparablement plus grande au sujet des hiloles de Lacédémone; l'embarras est moindre pour les Mariandyniens, esclaves des habitants d'Uéraclée, et pour ceux de Thcssalie, appelés pénestes. Aussi, lorsqu'on jette les yeux sur ce qui se passe là et ailleurs, ne sait-on que régler touchant la possession des esclaves. Nous savons qu'il n'est personne qui ne dise qu'il faut
1. C'est ce que faisait aussi Mélrodore : A'^ùXo^ MA-^xsuvi (lèv xrcua, «ùx^^i* ^«. (Ap. Slob. Floril. LXII, 44. Voyez aussi plus bas.)
370 MYRB I. CHAPITRE XI.
des esclaves fidèles et afleclionnés : car il s^en est trouvé beaucoup qui ont montré plus de dénouement que des frères et des fils, et qui ont sauvé à leurs maîtres U vie, les biens et toute leur famille ; nous savons qu*on parle ainsi des esclaves.... Ne dit-on pas aussi, d*un autre oW, qu'une âme esclave n'est capable de lien de bon, et qu*aa homme sensé ne s'y fiera jamais? C'est ce que le plos sage des poètes nous donne à entendre, lorsqu'il 'dit que
Jupiter prive de la moitié de leur intelligence ceux qu tombent dans resclavage.
Suivant qu'ils partagent l'un ou l'autre de ces sentiments contraires, les uns, ne se fiant nullement à leui s esclaves, les traitent comme des bétes féroces, et, à force de coups de fouet et d'étrivières, rendent leur ème non-sculaneat trois fois, mais vingt fois plus esclave; les autres tiennent
une conduite tout opposée Il est clair que l'homme,
qui est un animal difficile à manier, ne consent & se prêter qu'avec une peine infinie à cette distinction de libre et d'esclave, de maître et de scnîteur, introduite par la nécessité. Par conséquent, rcsclavc est une possession bien embarrassante. L'expérience Ta fait voir plus d'une fois, et les fréquentes révoltes des Mcssénicns, les maux auxquels sont sujets les Etats où il y a beaucoup d'esclaves parlant la même langue, et encore ce qui se passe en Italie, où des vagabonds exercent toute sorte de brigandages, tout cela ne le prouve que trop. A la vue de tous ces désordres, il n'est pas surprenant qu'on soit incertain du parti qu'on doit prendre à cet égard. Je ne vois que deux expédients : le premier, de ne point avoir d'esclaves d'une seule et même nation, mais, autant qu'il est possible, qui parlent entre eux différentes langues, si l'on veut qu'ils portent
plus aisément le poids de la servitude ; le second, de les bien traiter, non-seulement pour eux-mêmes, mais encore plus pour ses intérêts. Ce bon traitement consiste à ne point se permettre d'outrages envers eux, et à être, s'il se peut, plus justes vis-à-vis d'eux qu'à l'égard de nos égaux*. »
Platon tient donc une sorte de milieu sur la question de Tesclavage; il s'abstient d'en réprouver comme d'en justifier Tinstitution^et, de fait, il l'accepte, avec les avantages et les périls qu'elle offre, dans les conditions des sociétés présentes. Mais il ne laisse point sa pensée philosophique sous le joug du préjugé commun. A ces républiques, embarrassés autant que servies par l'esclavage, il oppose sa république où le travail, libre, quoique réglé par la constitution, suffit aux l)esoins de l'État ; et surtout il ùtc toute apparence de légitimité au prétendu droit naturel où Ton cherchait un fondement à cette dégradation de l'homme. On voudrait, pour compléter sa pensée, pouvoir rapporter à la condition des esclaves ce qu'il dit des hommes libres dans leurs rapports avec l'autorité des gouvernants ou des dieux : « Dans l'état de dépendance comme dans l'état de liberté, l'excès est le plus grand des maux, comme la juste mesure le plus grand des biens. Il y a justice à servir les |dieux, excès à servir les hommes*. »
i. Platon, Lois, VI, p. 776, 6, 777 : trad. t. VII, p. 358.
2. AouXtta 'Y^p x«i iXeuOiptx, (»irip6aX>.ouax {lèv ixaripa, tcafxsxov* !(&• (AtT^:; ^i cuaa, 7cava-fa6cv. Msrpîa iï ii Otû ^cuXcia, âfiirpo; ^i r, toî; àvOp««>
1C0Î;. (Platon, Lettres, VIII, p. 354, e (aux amis et aux parents de Dion); Irad. t. XII, p. H3.)
51i LIVRE- 1. CHAPITRE XI.
Hl
Le système d*Aristotc diffère beaucoup du système de Platon ; il en diffère par les conclusions, il en diffire ptf le principe : et c*est, il faut le dire, que les deux philosophes ont eux-mêmes une méthode et des tendanret entièrement opposées. Platon, qui s'élève, comme pir habitude et par instinct, vers l'idéal, s*est dégagé de l*iBfluence des faits ; et dans sa théorie poliUque« le philosophe domine l'homme d'État. Arislole, qui part de Pei* périence, est resté davantage sous l'impression des choses établies, et dans les conceptions les plus abstraites de fli politique, c'est l'homme d'État qui domine. Ainsi, dans ee remaniement de Torganisation sociale, rélément premier, pour Platon, c'est l'homme ; pour Aristote, le citoyen. D*oA il suit que, tandis que Platon forme son État sur le type même de la nature, Aristote court le risque de concevoir la nature elle-même sur le modèle de la cité.
C'est, en effet, l'erreur où est tombé ce grand génie.
L'État, selon la définition d'Aristote, est une sociélè composée de telle sorte, qu'elle trouve en elle de quoi suffire à toutes les nécessités de la vie^ Son but est le bonheur, c'est-à-dire la réunion du plus grand nombre d'avanlages, dans l'ordre des choses extérieures ou des
1. Kai flcÛÀiTzi -y* T.^»j TsV tîvai 1:0X1;, Jtxv aûxa^xii o*J2Ji.6atvf rk* «»• VMvtiv iivxi Tcû 7r).r,6ou;. (Pol, H, I, 7.) noXi; ^i fô t«*v 7cic6t««v 9k$o; ÛCAYOV fr/co; auTapxcidv ^tùf^^ a»; àicXû; eîtcetv. (III, 1, 8. Cf. IV (7) IT, 8.)
Nous nous servons de Tédilion, et, pour tous les passages cités m éxlenio en français, de l'excellente traduction de II. Barthélémy Sainh Hilaire.
personnes, du corps ou de l'esprit*; et comme l'intelligence lient le premier rang, l'État modèle sera celui où, grâce aux lois, chaque citoyen pourra s'assurer le plus de bonheur par la vertu*. Mais la vertu, ainsi entendue des qualités de l'esprit, demande du loisir : il faudra que le citoyen soit débarrassé de toutes les préoccupations de la vie matérielle ; que les fonctions diverses de Taginculture ou de l'industrie/ que les soins mômes du service privé retombent sur une autre partie de l'État '. Ainsi va se marquer, dans la masse des hommes qui le composent nécessairement, une grande ligne de partage. D'un côté/ le citoyen accomplissant à lui seul la destination de la cité, tendant au bonheur par la vertu au sein du loisir ; et de l'autre, des hommes dont le seul but paraît être de rendre aux citoyens ces loisirs possibles : pour l'agriculture el l'industrie, des luboureurs et des artisans ; pour le service privé, des esclaves *.
Cette organisation nécessaire à TÉtat ainsi conçue, Aristote la retrouve jusque dans la famille, jusque dans la nature même de l'homme. Car l'homme est né sociable ^ 11 n'est donc complet que dans l'association domestique; et cette association comprend trois êtres : l'homme qui commande la famille, la femme qui la perpétue, et l'esclave qui la sert*. Supprimez une des trois lignes d'un triangle, et le triangle n'est plus ; de même l'esclave est en quelque sorte comme un troisième côté de l'homme :
i.iWd.IV(7),i, 2.-2. /Wd. 11,3.
3. 4>avepbv U tcutwv, wç iv tîî xotXXiOTA «cXiTiucpiîvTi ttoXii xal tJ xoct/ijiitvç ^ixaîcuc cîv^paç àirXûç, dXXà u.r\ rpo; rh Oroôioiv, cuti paivauaov piov c 5t' à-^cp^îcv ^lî Ift Tcùc iroXÎTo;' à-yiwîi; -^àp 6 toioutoç pioç x«i irp b; àpiniv &irtvavTtc(* oi^è ètX ^iMp^cî*; lîvai too; (xiXXcvTa; TtoXira;* ^«T -]f«p ayoXii; mX itpb;Txv ^eW-v rîi; ipirr.; xal wpb; ta; irpâÇiiçtà; iroXttixs;. (Ibid, VIII, 2.)
4. Polil. vii«, 3. — 5. Ibid, I, i, 10. — 6. Ibid. I, i, 4. Cf. I, i, 6.
sai^rimei-le, el vous n*avei plus rhomme, l'homine en société, c'est-à-dire Thomme vrai. G*cst donc la nature qoi lui a donné ce double et indispensable complément, b femme et Tesdaye *. Hais la relation d*escUive à maître ne se trouYC pas seulement dans la constitution de rhomme sociable, dans la famille; Aristole la découvre jusque dans le fond même de Thomme individu : c'est le rapport du corps à l'âme. L'esclave est un corps, et l'idée finit jiir en passer dans le langage ; on l'appela purement et simplement corps, oû|ui*. C'était un corps, détaché du maître, comme pour lui éler cette impression de la fatigue et de la douleur, qui du corps se communique à l'âme ', mais un corps tellement lié à sa nature, qu'il n'avait point de réalité propre hors de lui ; et Aristole ne paraît pas l'entendre seulement d'une abstraction pUre, de l'idée : c Le maître, dit-il, n'est maître que relativem^it à l'esclave; l'esclave, au contraire, n'est pas seulement esclave rdalT vcment au maître, il est de lui pleinement ^. Ainsi resclavagc est nécessaire ; Tesclavagc est naturel.
1. ^u«tt p.iv c&f ^i«*pi«Tat ih 6nXu xal tt ^cûXcv. [Ibid. I, i, 5.)
3. Phrynichus, Epitome, dit que Tusage n*en était pas aDcieD;et Lobeck, dans son Commentaire (ad Phrynich. p. 578), avance que ks premiers exemples de awuaTa employé seul, pour dire têclave»^ sont dans Polybe. Cependant nous Favons trouvé dans Démosthène» dans des circonstances, il est vrai, qui servent à le rendre plus précis, quand on livre Tesclave à la question.
5. • L*esclave est une partie du maître ; c*est une partie de son enps* vivante, quoique séparée. » (Polit, I, ii, 20.)
4. Atb d ,'p.iv ètcnô-na tcô ^cuXcu ^tairoTTc (aovcv, ixttvcu ^ cùxintv* i ii ^).o; où (Acvov ^cairoTCU ^cuXo; îoriv, àXXà xai Skiâç ixtîvcu. (I, n, 6.) LcS
grammairiens, qui renchérissent toujours sur les textes et poussent souvent le commentaire jusqu'à Tabsurde, prétendaient trouver quelle partie il était du maître, dans le nom d'ôn^paicc^cv, dérivé de sw;, pied : • Car Tesclave, disait Suidas, est au maître comme le pied à b totalité du corps supérieur. • (Suidas, v. &v^pftiiG^6Mini>.6;.)
Cette double conclusion, tirée de Tidée de TËtat, de Forganisation primordiale de la famille et de la constitution même de l'homme, Âiîstote la retrouve encore jusque dans l'économie domestique : a Cette science, comme tous les autres arts, dit-il, a besoin d'instruments spéciaux, et parmi les instruments les uns sont inanimés, les autres animés, comme le gouvernail et le matelot sous la main du patron du navire; de même la propriété, en général, est un instrument, et l'esclave est une propriété vivante et le premier des instruments ^ » Donc encore l'esclavage est nécessaire; car il n'y a rien qui le remplace dans l'ordre des instruments animés. Pour qu'on pût s'en passer, il faudrait que les instruments inanimés prissent euxmêmes du mouvement et de la vie ; et par là le philosophe pose en principe ce qui inspirait à la comédie les scène» bizarres d'une société sans esclave ; « Si chaque instrument, en effet, dit-il, pouvait, sur un ordre donné oii même pressenti» travailler de soi-même comme les statues de Dédale ou les trépieds de Vulcain qui se rendaient seuls, d'après le poète, aux réunions des dieux, si les navettes tissaient toutes seules, si l'archet jouait tout seul de la cithare, les enireprencurs se passeraient d'ouvriers et les maîtres d'esclaves '. » Toutes ces folies, qu'on eût volontiers rapportées à une imagination en délire, trouvent place dans la théorie du philosophe comme fondées en raison! — L'esclavage est naturel : car, si, pour en rendre la suppression possible, il faut bouleverser les lois du monde physique, il doit être lui-même dans Tordre de la nature ; et devant cetle double nécessité il n'y a plus qu'à courber la tête sous le joug. Aussi Aristote croit-il avoir
\, Polit. 1,11, 4.-2 lbi(L I, ii, 5.
pleinement justifié ce quil disait en commençant : « C'est encore la nature qui, par des vues de conservation, a créé certains êtres pour commander et d*autres pour obéir. C'est elle qui a voulu que l'être doué de prévoyance commandât en maître, et que l'être capable par ses facultés corporelles d'exécuter les ordres obéit en esclave, et c'est parla que rintérêl du maître et celui de l'esclave se confondent ^i Toutefois prenons-y garde : ces raisonnements par lesquels Âristote trouvait la légitimité de l'esclavage dans l'homme, dans la famille, dans l'État, pourraient bien dériver moins de la réalité même que d'une certaine idée de rhomme, de la famille, de l'Ëtat, conçue en dehors des notions vraies de la nature. Nous sommes encore dans la théorie ; dégageons-nous des subtilités de rargumentatioo dont elle use, et portons-en les principes dans le domaine des faits, dans ce vrai champ de l'observation où Aristote aura toujours la gloire d'avoir le premier établi et constitué la science. C'est là aussi qu'il veut introduire la discussion : « Il faut voir maintenant, dit-il, s'il est des hommes ainsi faits par nature, ou bien s'il n'en existe point; si, pour qui que ce soit, il est juste et utile d'être esclave, ou bien si tout esclavage est fait contre nature. Le raisonnement peut résoudre aisément ces questions *. » Mais, au lieu d'aborder franchement les faits pour y asseoir les bases de son système, il n'y arrive que par les détours d'une incertaine analogie et pour se rejeter au plus tôt dans l'hypothèse. Il établit en principe l'éminente utilité de l'autorité et de l'obéissance; en outre, il pose en fait qu'il y a des êtres destinés parla nature à commander ou à obéir: droit et devoir d'où naît l'harmonie parfaite';
i. PoL ), I, 4. — 2. Ibid. Il, 7. — 3. Ibid, 9.
et il essaie d'en retrouver Tapplication dans l'homme entre Tàme et le corps ; dans la famille, entre l'homme et la femme; dans l'univers enire l'homme et les animaux*. En est- il de même dans la société entre les hommes? L'analogie, loin d'y conduire, semblerait devoir en détourner ; car il ne s'agit plus d'êtres différents en sexe, en genre ou en substance : c'est un rapport d'homme à homme. Il poursuit cependant : « C'est là aussi la loi générale qui doit régner entre tous les hommes. Quand on est inférieur à ses semblables autant que le corps Test à l'âme, la brute à l'homme, et c'est la condition de tous ceux chez qui l'emploi des forces corporelles est le meil* leur parti à espérer de leur étn', on est esclave par nature; pour ces hommes-là, ainsi que pour les autres êtres dont nous venons de parler, le mieux est de se soumettre à l'autorité d'un maître ; car il est esclave par nature celui qui peut se donner à un autre, et ce qui précisément le donne à un autre, c'est de pouvoir aller à ce point de comprendre la raison quand un autre la lui montre, mais de ne la posséder pas en lui-même '. » Mais y a-t'il des hommes ainsi faits par nature^ ou bien n'en existe't'ilpas?la question, on le voit, loin de se résoudre, se représente. Et en admettant qu'il en soit ainsi, l'esclavage, tel qu'il est constitué parmi les hommes, est-il et peut-il être la réalisation de l'esclavage naturel? Tels sont les deux points de fait qu'il s'agit d'établir nettement. Sans le premier, pas d'esclavage naturel; sans le second, pas d'esclavage légitime.
»al ouct% iÇ àv^pb; xat ymxixhi, naX xniai; ix ^tairorcu xil ^oû)ou... (Polit. m, ir, L)