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378 LIVHE I. CHAPITRE XL
Si l'esclavage est, en eflet» de droit naturel, ai la nature a fait deséires dans la seule intcnlion de livrer leurs corps au service d'un inaitiet ils doivent être tels qu'ils répondent avec précision à ses fins : « Car la naturet disait le philosophe, n'est point mesquine comme nos ouvriers; chez elle, un fifre n'a qu'une destination, parce que ks inslruments sont d'autant plus parfaits qu'ils servent, noo à plusieurs usages, mais à un seul ^ » L'esclave ne doit point avoir la plénitude de Télre moral, la vertu, la volonté : car il n'a point à suivre ses propres inspirations; toute sa vie, toute sa force doit être dans les facultés da corps : semblable à ces jeunes filles dor et d'argent que Yulcain s'était forgées pour soutenir ses pas in^ox*.
La nature a-t-elle imité son art et pris soin de fidre ce dédoublement de l'âme et du corps? Aristole le voudrait établir, au moins dans une certaine mesure ; et cette pa^ tie de son argumentation présente un étrange contraste de pénétration et d'aveuglement, de droiture et de détour^ C'est le spectacle d'un grand esprit luttant contre soimême, entraîné dans l'un et l'auti*c sens par la doubla influence de ses idées et de sa méthode. 11 trouve dans les faits la réfutation de son système, sans pouvoir se résoudre à l'admcttro, et se n^elte dans sa tliéorie, sans pourtant -elfacor la trace de ces vives et lumineuses investigations qui devaient aboutir ailleurs : « Si on suppose les vertus (morales) aux esclaves, où sera leur différence avec les hommes libres? Si on les leur refuse, la chose n'est pas moins absurde, car ils sont homtnes et ont leur