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(Eur. Phrixua. Ibid n* 39. Cf. Itm^ 853-955.)
exposées à ces conséquences approuvées de la guerre : témoin ces Grecs asiatiques emmenés captifs par le Perse barbare, pour avoir chéri la liberté jusqu'à vouloir Taffranchir des liens de la domination politique, et tant d'autres Grecs, asservis par des Grecs dans ces guerres inspirées par la jalousie d'une indépendance inquiète ou par Tambition même de commandera L'esclavage avait-il le don de transformer en un moment ces nobles natures ? C'eût été sa condamnation : mais il n'en était pas ainsi. Un Spartiate fait prisonnier et mis en vente, interrogé sur ce qu'il savait faire, répondait : a Être libre. » Un autre en pareille circonstance ne se montrait pas moins digne de la liberté, quand le héraut criant : a A vendre un Spartiate », il l'interrompit avec une fierté toute nationale par ces mots : « Dis : un prisonnier '. »
11 faut y prendre garde pourtant : la théorie de l'esclavage naturel condamne la constitution politique de Tesclavage, si elle ne la justifie pas; et la constitution de l'esclavage n'est pas justifiée, si on ne peut prouver la légitimité des moyens par lesquels on l'établit. Ainsi encore, pour cette seconde question, la théorie d'Ari.stote est fort compromise. Comment accorder avec ses principes le droit de la naissance? Comment approuver, dans l'application commune, le droit de la guerre sur les populations subjuguées? Il sent la difficulté ; il constate les répugnances et les objections', et pourtant il cherche des
i. Les Spartiates asservis par les Tégéates, etc. (Voy. au ch. V, des Sources de V esclavage, p. 162.)
i. Plut. Apopht. Lacon.y 45.
2. c Du reste, on nierait diuncilement que Topinion contraire ne renferme aussi quelque vérité. L*idéc d'esclavage et d*esclave peut s'entendre de deux façons : on peut être réduit en esclavage et y demeurer par la loi, cette loi étant une convention par laquelle le vaincu à la
explications encore, il rassemble des autorités, des raisons même : « Ces Jeux opinions opposées, dit-il, ont été soutenues par des sages. La cause de ce dissentiment et des motifs allégués de part et d'autre, c'est que la vertn i le droit, quand elle en a le moyen, d'user, jusqu'à un certain point, môme de la violence, et que la victoire suppose toujours une supériorité quelconque. 11 est donc possible de croire que la force n'est jamais dénuée de tout inérile^ et qu'ici toute la contestation ne porte réellemeot que sur la notion du droit, placé pour les uns dans Thomanité, et pour les autres dans la domination du plus fort*. »
Ainsi la force seule constituerait un droit ; et l'esclavage ramène assez logiquement, en effet, à ces temps de barbarie où elle était souveraine. Toutefois, le philosiiphe ne pouvait accepter des principes qui, en soumettant TintcUigcnce à la force brutale, renverseraient, pour la cause de l'esclavage, tout son système politique appliqué au\ hommes libres; et, dans rembarras de cette alternalive, ne pouvant condamner le droit de la guerre sans ébranler Tesclavage, ni l'approuver sans danger pour la libcrlé» il attaque objections et répliques'. Pour sa part, il semble
guerre se reconnaît la propriété du vainqueur; mais bien des légistes accusent ce droit, comme on accuse un orateur politique, d'illégalité, parce qu'il est horrible que le plus fort, par cela seul qu*il peut employer la violence, fasse de sa victime son sujet et son esclave. » (Arist. Pol, 1, n, 16.)