Polit. IV
daient au nom des devoirs de la vie libre, Épicure le réclamait pour le ministère de la voluplé. L'épicurien non moins que le Spartiate voulait ùlre servi ; et Ton sait si ces méprisables besoins pouvaient apporter quelque réforme aux abus de Tesclavage. Pour le stoïcisme, qui n'avait que faire de l'esclavage, à quel tilre lui eûl-on demandé de le supprimer ou de le réduire? Le bien pour Zenon, c'était de vivre conformément à la nature* ; la nature, il la trouvait en tout, et une sorte de fatalité entraînait ainsi l'homme dans le mouvement des choses où il était placé. Libre ou esclave, il se trouvait en son lieu ; c'était faiblesse égale d'y voir un sujet d'orgueil ou de plainte. Celui donc •qui, dans l'esclavage, savait se résigner, n'élait pas esclave ; et celui qui ne s'y résignait pas était digne de l'être*. Ainsi IVsclavage était maintenu dans la société où on le trouvait; et on le trouvait aussi danç la nature : Zenon avait proclamé esclave tout méchant', et Posidonius vouait à cette condition celui qui, trop faible pour se conduire luimôme, rencontrait chez un plus fort, en échange de ses services, le secours et la direclion dont il manquait*.
Une chose qui aurait dû encore ouvrir les yeux sur
i. Zenon et Chrysippe ap. Diog. Laërce, VII, t, 53, § 87.