‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 337 sur 366 · Xénophon, Êcon. ix, 11 (Irad. de Gail). — 3. Ibkl. m, A · texte numérisé non relu

Xénophon, Êcon. ix, 11 (Irad. de Gail). — 3. Ibkl. m, A

la gourmandise comme par rinflucnce de la louange, des privilèges et des dislinclions*.

Les Économiques d'Aristote contiennent les mêmes maximes a\ec moins J^abandon et plus de mesure, selon le caraclôrtî de son génie. Ce n est pas lé cœur qui l'inspire, c'est la raison qui a tout calculé ; on le sent dès les premiers mois* : « La première et la plus nécessaire des propriétés », dit-il, « la meilleure et la plus importante, c*est riiomme'. » U dislingue, comme Xénophon, TinlendaDl et le travailleur; même légle dans la conduite du mail» •à leur égard, et elle se résume en deux mots : « point dW trage ni de familiarité' » ; mêmes éléments dans le régime de leur vie, et il contient trois clioscs : ti*avail, discipline, nourriture. La nourriture sans le travail et la discipline.

i . • La louange est encore l'aiguillon des âmes généreuses ; elle d^ vient un besoin aussi impérieux pour elles que pour cTautres le boire et le manger. Voilà les moyens que j'emploie, et à Paide desqaek je crois me procurer des hommes plus soumis : je les indique à ceuxqioe je désire établir mes régisseurs. D'ailleurs, je les seconde encore ainsi: lorsque je dois fournir des vêlements ou des chaussures h mes trarailleurs, je ne veux pas que tout soit de même qualité; j'en demande de très-bonne cl d'inférieure, afin de donner le meilleur vêtement au plus habiles ouvriers, à litre de récompense, et l'habillement de moindre qu.'ilité à ceux qui méritent moin<. J'ai remarqué que les bons esclares étaient fort découragés, lorsque tout se fait par leurs mains, et qu'ik voient qu'on a les mêmes procédés pour ceux qui ne travaillent pa^. et qui, au besoin, ne partagent pas volontiers les périls. Moi, pe^^onnolbmcnl, jo me garde bien de mettre la moindre égalité entre Ie5 bonsel les mauvais serviteurs. Si je vois mes régisseurs distribuer le moillear aux meilleurs esclaves, je les en loue; mais un ouvrier obtient-il des préférences, ou par de vaines complaisances, ou par des flatteries, loin de fermer les yeux sur un tel abus, je réprimande mon régisseur, et je tâclie de lui piouver qu'en cela même il consulte mal ses intérêts. » (Xéno|>li. Êcon. xm, 9 et suiv. Trad. deGail.)

2. Twv ^ï xrr.aâTwv, 1:5(0 ::v u.£v k%\ àva-^f/.a'.OTaTCv, tô ptÀTiarc» xal rjîji.tvi)t(ÔTarov, T.ùro Sk r.v ivO-w;::;. (Arist. £con. 1, 5.)

5. Oj-ùi* ôi ofo; ^oûX'.u;^ w; jii.TTt OSp-^eiv iâv, jatti àvifvzt. (Ibid.)

c'est de la licence ; le travail el la discipline sans la nourrilure, c'est de l'oppression ; l'une énerve, Taulre affaiblit : c'est, par deux voies opposées, le même résultat. II faut donc combiner les trois choses dans une certaine mesure, et le mélange doit êlre habilement proportionné au mérite et aux qualités diverses de chacun. A ces moyens de tous les jours, il enjoint d'autres plus solennels, les fêles et les sacrifices, qui suspendaient les travaux, et qui, dit-il, sont institués plus encore en faveur des esclaves que des hommes libres*, et enfin la liberté pour prix de leurs services. Ces conseils firent autorité parmi tous ceux qui s'occupèrent de ces matières, excepté dans le stoïcisme primitif, où, Tesclavage étant chose indifférente, toute pensée de réforme était un non-sens et toute compassion une faiblesse; on sait l'inflexible maxime du fondateur : « Point de pitié, point de pardon'. » Mais pourtant, s'il défendait la pitié, il proscrivait aussi la colère, et Tesclave devait d'autant plus gagner à cette défense, que, toute faute étant égale, Zenon trouvait un aussi grand crime à frapper un esclave qu'à frapper un père*. Les poètes répandaient ces maximes au Ihéâlre. L'esclave qui n'est point épargné, disait Ménandre, deviendra mauvais; soyez moins sévère et vous le rendrez bien meilleur*; et Ton citait des

i . Kal TA; Ôuffia; xai rà; àr&X%ûaii; [i.âXXcv tûv ^cûXcùv Cviica rcisvoôzi ii TÛv èXiuOEpttv. nXt(cvsi 'yàp ^x^uaiv curoi cuirsp îve^ca Ta tco-ûta ivcataÔY). (Êcon. I, 5.)

""}. EX£r.p.Gva; te u.y. tivai, crj'^-pcap.r.v te v/tvt p.y,5'£v(. (Diog. Laérce, VII,

I, 64, § 123. Cf. Cicér. Pro Murena, 29.) '

3. Cic. De (inibus bonor. et mal, IV, 27, § 76. Cf. Diog. Laérce, VII, §i20.

4. A7?avTa [Et iiavia] ^cuXtûsiv 6 ^cùXc; |xavô«v8'., IIovYipo; £(JTxi* p.£7a^î<^cu Tiappy.dîa;, Bs'Xticxtcv aÙTov toGto 7roii5(j£i ttoXu.

[Ap. Slob. FloriL LXII, 27.}

exemples de la dureté des maîtres soudainement châtiés par la vengeance du cieP.

Quelques voix môme s élevaient au-dessus de ce sentiment de rintérët pour réclamer, en faveur de Tesdave, les droits de riiumanité méconnue. Philémon disait : « Quoique esclave, ô mon maître, il n'en est pas moins homme que tel homme du monde'; » paroles tout aussi pures dans l'intention et non moins belles dans la forme que celles d'Alexis plus heureusement traduites par Térence :

Homo sum, humani nihil a me alienum puto '.

Mais, il faut bien le reconnaître, cette voix était presque sans écho ; ce n'était point là le sentiment qui dominaîl.

1. Arist. ap. Schol. Apoll. Rliod. 1, 188. Ancée (fils de Neptune eCiTAslypalée, selon Tzetzès), fort oecupé de ses champs et de ses TigDes,dait très-dur envers ses esclaves. Un d'eux lui dit qu'il ne goûterait pas ao fruit. La vendange faite, Ancée ordonna à son esclave de lui donnera boire, et avant de porter la coupe à sa bouche, il lui rappela sa pi-édiotion. « Il y a, dit le serviteur, bien des choses entre le bord de la coupe et les lèvres. »

UOjÀ u.6Ta;ù irfcAEi xjXixc; xal yiiXirti ixpov.

Comme il parlait encore, on vint dire au maître qu'un sanglier énorme ravageait ses plantations. Il laisse la coupe et sVIance vers le saDgli<Y: mais il est frappé et meurt : d'où le proverbe.

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