AouXc'j; -^àj où
KaÀcv 7Te-3C(T6xi xsE'acT'.va; rwv ^egrroTwv.
(Eurip. ap. Stob. Floril. LXIÏ, 19.) Cl. ihid. 4 :
Où -/j^r, iroT* ô[v<^pa ^cOXcv cvt' tXwOspa; rvcû|Aa; ^iwxiiv, cù^* é; i.'^^ivè pXsirttv.
Et encore ihid. 5 :
Aumi {X6 ^oOXo; acîTJcv cîxi'tou 9povûv.
même ces vertus spéciales dont on eût voulu leur imposer le frein, sans en mettre le principe dans leur âme. Ils restèrent, ce qu'on disait qu'ils étaient, des corps; ils y plaeèrent leur bien et cherchèrent leur bonheur dans la satisfaction des sens. La sensualité faisait donc le fond de leur nature, et tout, dans leur éducation; servait à la développer. Exclus des gymnases où s'élevaient les enfants libres, sans qu'on prit toujours soin de les appliquer au moins à l'apprentissage des fonctions domestiques, ils grandissaient dans l'ignorance du bien, et trop souvent, dans l'habitude du mal, au gré d'un homme, maître absolu de tout leur être, et qui comptait parmi ses droits celui d'user ou d'abuser de leurs corps. Qui s'étonnerait que les sens aient dominé l'intelligence dans ces pauvres créatures, victimes de la sensualité, avant l'âge même où s'éveillent les passions? et, pour les autres, comment se seraicnl-ils élevés au-dessus de cette vie matérielle, à la* quelle les rattachaient, par un lien si dur, les devoirs de leur état? Dégradés par des faveurs funestes ou par de mauvais traitements, abrutis par des vices précoces ou par d'excessifs travaux, ils accomplissaient, en réalité, cette définition dAristole, qui voue à l'esclavage l'homme en qui dominent les sens. Mais ce qu'Arisfote rapportait à la nature, n'était-ce pas plutôt une altération du caractère de l'homme par l'influence de la condition servile? Voilà ce qu'il évitait de se demander et ce qu'il était pourtant si facile de vérifier par l'expérience. Ainsi le fait môme qui justifie la définition du philosophe, condamne sa théorie. La sensualité, qui, par le principe de l'esclavage même et par le fait de l'éducation des esclaves, absorbait tout leur être, faisait naître et développait en eux tous les vices dont elle est la racine. L'esclave a des sens à satisfaire,
et il n*a rien qui ne soit à son maître : il le fera donc à ses dépens; il lui dérobera son travail et le fruit de son Ira- Tail, pour se donner quelque jouissance illicite dans ces loisirs usurpés. La paresse, Tinstinct du vol, tels sont les premiers signes de réaction de sa nature opprimée ; puis la ruse et la dissimulation pour préparer ou réparer ses fraudes, la fuife, si l'autre moyen se refuse à Tévidence : et des grammairiens, guidés par une connaissance meilleure, sans doute* de Tesclave que de la langue, cherchaieni la racine de son nom commun, $95Xoç, dans SiXoç (dol), et celle d'Mprxo^ dans oncoîésOou (fuir)^ Que si, ni le dol, ni la fuite ne pouvaient le défendre, il bravait les coups : et le grand Etymologue va jusqu'à trouver dans le troisième nom Oepiinov le radical tuito» (frapper) * I Mais ces châtiments, qui, selon la parole de Platon, rendaient son âme vingt fois plus esclave, ne faisaient que fortifier en lui tous les vices de l'esclavage, et par-dessus tout, la haine du maître, la soif de la vengeance, avec ce raffinement de détours et de perfidies dont le faible se fait une arme contre le fort. A celte influence du principe de l'esclavage, joignez celle du maitre qui l'initie à la débauche, exploite ses fourberies et autorise, par là, les habitudes d'insolence où l'esclave cherche le salaire de ses complaisances coupables: despotisme de l'esclavage qui pèse sur les maîtres misérablement asservis à leur tour.
àitc^ooOai. (Grand Élymologue, s, ».)