‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 349 sur 366 · i$i\; -yip àv çaÎTQ ai ptarrovT loôdiv · texte numérisé non relu

i$i\; -yip àv çaÎTQ ai ptarrovT loôdiv

(Arisloph. Paix, 14.)

7. Athén. IX, p. 377, d, et p. 381, c. Cf. les cuisiniers de Posidippe, etc. ibid. XIV, p. 659, c.

comme il pouvait, sans scrupule, dans le milieu où ii était placé, le travailleur, sur les produits de son travail ; rintendant, sur toutes choses : depuis Thonnète économe qui, tout en voulant ménager le bien de son maître, enlève ce qu'il peut à ses prodigalités et en place le produit', jusqu'à l'esclave prodigue qui dissipait avec la même indifférence son pécule, et la fortune dont il avait la garde. Le théâtre ne serait point une complète image des scènes réelles de la vie, si, avec tous ces esclaves qui mettent leur habileté au service des intérêts du maitre, on ne trouvait Taiiie, dans le Persan de Piaule, menant hardiment et sans masque toute l'intrigue à son proGt, tranchant du maître et plus que du maiire, car il n'a rien à épargna* que ses épaules, et il ne les ménage pas*.

Quel frein opposer à ces entraînements de leur nature, quand le principe de la morale était placé ailleurs; et quelle chance heureuse d'application à ces maximes élaborées pour leur usage par la philosophie des maîtres? Jouir à tout prix de toutes les jouissances des sens, c'étail là toute la philosophie des esclaves, et Ton ne manquait point d'enseignement de ce genre parmi eux : <c Que nous parles-tu, disait un esclave d'Alexis, dans une pièce précisément intitulée le 3/ai7re de /b/î'es ('AcoûTcBioacxaXo;), que nous parles-tu du lycée, de l'académie, des sophistes? buvons,.... gai, gai, Manès! rien n'est plus cher que le ventre : c'est ton père et ta vraie mère pour la seconde fois*. »

1* Piaule, Trin. II, m, 568 et 485 ; lU, ii, 68i. 2. Voyez le Persan de Plaute, passim.

Aunj Tranip aot xxt iraXiv [xi^TTip [xo'vtj.

A côté de ces grossières réalités, toutes les vertus ne lui paraissent que sonjîes :

INFLUENCE DE L'ESCLAVAGE. m

Tous ces vices se retrouvaient comme à leur source naturelle, parmi ces ôlres voués à la sensualité même, par la fantaisie ou par la spéculation. Ces enfants, nourris dans :1a corruption des tavernes ou des palais, ces dan* seuses, ces joueuses de flûfe, qui se louaient pour les festins et se vendaient au milieu de l'orgie S tous ces esclaves de plaisir, d'autant plus sûrement livrés à la flétrissure, que la nature les avait revêtus de ses dons les plus brillants S comment auraient-ils connu la morale, même quand Socrate ou Xénophon, quand Platon ou Arislote, quand Sophocle ou Euripide en approchaient'; et quel remède enfin, quand la religion, en plusieurs temples, protégeait, commandait même ces sacrifices h la luxure, comme un hommnge aux dieux ! Élevés dans cette brûlante atmosphère des passions, ils grandissaient vite dans le mal, et les poêles ne savent plus déjà à quel monstre de la réalité ou de la fable prendre une figure qui représente les courtisanes*.

C'est ainsi qu'elles passèrent de la Grèce dans la comédie romaine. Quand celte fatale influence n'avait point saisi la

Âpiral ^ï irpeoêeîat ri xat ax^OLTtrficLi K.0fX7coi xtvci «povoûaiv àvT* ovetpaTuv.

(Alhén. VIII, p. 336, e.) i. EÎ6* uffTspov Tfci)Xcu(jivYiç r«; aùXriTpi^o;, xaOàmp ?6o; laTiv iv toÎç

fcoToi; -YÎvtffOat. (Athén. XIII, p. G07, d.) Voyez un autre exemple d'une joueuse de flûte achetée dans un repas (p. 607, e),

2. Voy. le traité des Amours attribué à Lucien, c. x. On nous dispensera de parler plus au long de tout ce cortège des fêtes privées, citharèdes, hilarodes, aulédes, magodes. (Athén. Ylll, p. 339, e, et XIV, p. 621, b.)

3. Athénée consacre son livre XIII à cette chronique impure, et c'est à dessein qu'il y inscrit ces noms, comme les plus honorés.

4. Charybde, Scylla, sphinx, hydre, lionne, vipère, etc. (Anaxilas, NeoUU, ap, Athén. XII, p. 558.) Athénée nomme aussi la Clepsydre et plusieurs autres des plus fameuses, citées par les comiqftes. (P. 567.)

en LIVRE I. CHAPITRE XII.

jeune fille presque au berceau, on la menait au vice par Tamour de la parure, on lui refusait ensuite jusqu'au sentiment de l'amour ; car le véritable amour est désinté* ressé : « Tamour de son état, » voilà tout pour elle :

Ama, id quod decet, rem tuam; istum exinani '

C'esl le rôle des courtisanes, mères ou maîtresses, et des suivantes de courtisanes, d'éloufler en Tâme des jeunes filles ce qui peut rester encore de la nature au sein du vice :

Matronse non meretricium est uuum inservire amantem*.

« Point de pitié, disait une autre, en exposant la règle de son état; pille, déchire, lacère quiconque te tombera sous la main... Ce serait un scandale, vraiment, que de compatir aux hommes qui ne savent pas conduire leurs affaires! 11 faut que la bonne courtisane ait bonnes dents : sourire à tout venant, douces paroles, la ruse dans le cœur, la flatterie sur la langue. La courtisane doit être comme le buisson : que nul ne l'approche sans perte ou dommage* ». Ainsi la débauche sans amour, et par cornpensalion l'amour de l'or, avec ces habitudes de dissolution et d'orgies où l'or se prodigue et se ramasse, telle était la vie de ces esclaves ; et il était bien naturel que le maître en fût quelquefois la victime. Elles le volaient,

1. Plaute, Trucul. IV, 2, 664. - 2. Piaule. Mostell. I, ui, 190.

2. Pjaculum 'st, misereri nos hominum rei maie gerentum. Bonis esse oportetdenlibus Isenam probam; adridere, Quisquis veniat, blandeque adloqui ; maie corde consul tare, Bene loqui lingua. Merctricem esse similem sentis condecet ; Quemquem bominem adtigerit, profecto aut malum aut damnum dari.

{Trucul. II, I, 196, et toute la scène.)

Cf. Térence, Hécyre^ I, i. Voyez aussi une assez longue tirade d'Alexis (ap. Alhéii. XIII, p. 508, a) sur les arts perfides des courtisanes.

faute de mieux, elles prenaient de son vin, et se donnaient en son absence, à ses dépens, tout ce qui flattait cette sensualité éveillée et exploitée à son avantagea

Tout cela appelait naturellement, de la part de l'esclave, le mensonge et la dissimulation pour l'aider à commettre ou à cacher la faute; et, de la part du maitrc, quand elle était découverte, le châtiment. C'étaient les incidents les plus habituels du théâtre, et il serait trop long d'en rapporter les traits si connus. Avait-on le droit pourtant, quand on était à l'esclave le principe même de la conscience, de lui laisser tout entière la responsabilité de ses actions? Non, sans doule; aussi Aristot'e voulait-il qu'on la mesurât à la part de raison qui lui était laissée; et, comme il lui donnait moins de libre arbitre qu'à l'enfant, il voulait de même qu'on le reprît avec plus d'indulgence* Mais sa logique n'y faisait rien, et les maîtres en avaient une autre à leur usage. L'esclave avait peu de raison : on ne s'adressait point à l'entendement chez lui ; mais il était corps, et on lui tenait le langage qui seul pût lui être sensible, les coups et les tortures. Telles étaient, en effet, les voies habituelles de communication de l'homme libre avec lui. Les coups, qui faisaient l'éducation de la bête, firent aussi celle de l'esclave; ils étaient, nous l'avons vu, le seul moyen légal de recueillir leur témoignage devant les tribunaux ; à plus forte raison étaient-ils la manière commune de les punir, coupables : « Chez les esclaves, disait Démoslhène, c'est le corps qui répond pour presque toutes les fautes; les hommes libres, au contraire, même dans les plus grands crimes, tiouvent moyen de le sau-

1. Piaule, PseudoL 1, ii, 179 el 215, el Têrence, Eun. Hl, vi, 600.

Page 1