‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 355 sur 366 · Valére Maxime, IV, i · texte numérisé non relu

Valére Maxime, IV, i

INFLUENCE DE L'ESCLAYAGE. 459

c*étaity comme ce fut autrefois, plus rarement, sans doute, dans nos colonies, un des devoirs ordinaii*es de rhospitaUté'.

L'esclavage altéra lorganisation de la famille. La femme avait été soumise à Thomme ; mais elle tomba bien audessous du degré d*infériorité que demandait Tassociation domestique. Jadis l'homme achetait la femme en l'épousant * ; il eut en elle une esclave, non une compagne ; et cette intimité que le mariage n'offrait pas, il la chercha ailleurs. Le compagnonnage héroïque usurpa ces droits de la femme, et plus tard, quand s'altéra la simplicité du premier âge, il poussa Tusurpation bien au delà. Sous Tempire de pareilles mœurs, il devenait bien plus difficile encore qu'elle reprit son rang dans la société de l'homme; aussi, même lorsque le mariage s'établit dans des conditions plus égales, et que la femme, dotée par sa famille, apporta en quelque sorte avec elle sa rançon, elle demeura dans cette sphère inférieure où depuis longtemps el!e était reléguée*, et trop souvent elle prit les mœurs de cette condition qu'on lui faisait : cette curiosité avide, cet esprit de vol et de gourmandise^, cet amour du vin dont se raillaient même les esclaves', cet entraînement se-

i . Ëa nocte mecum illa hospitis jussu fuit

(Plaut. Merci, i, 101.) Cf. M. Schœlcher, Da colonies françaûet^ p. 73.

2. Tàç ^ovaùca; ImvoOvto irxp' àXXinXuv. (Aristote, PoL II, ▼, H.)

3. La jalousie des hommes leur conservait quelquefois encore des marques de leur ancien esclavage ; ils les enfermaient sous le scellé, dans leur appartement. Yoy. Aristophane, Thennoph. 414. Le poète n*en parle, il est vrai, que pour montrer comme elles savaient s*y soustraire.

4. Aristophane, dans les deux pièces où il produit, avec exagératiou sans doute, les vices des femmes, \es Harangueuses elles Thesmophories,

5. Aristoph. Plutus^ déjà cité à propos de Tinsolence des esclaves, et d'autres textes d'Antiphane, d*Alexis, de Xénarque, d*Axionicus et d« Platon le Comique, ap, Alhén. X, p. 441.

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citt »K 4èsQvAre. doat les maris se défiaient Tamemoil^ A €W fffets ée Tantiiiiie servitude de la femme, joigoa fiiiAïKKe pins directe de TesclaTage, mainteno à e6lè d^<eUe a« fe^ier. La fenune, ne se distinguant point par Tii^iicatMa et les avantages d*un esprit cultivé, troovaît dans les esdaves ^joi Tenvironnaient de bien faciles rivales. C'ètùt méofee datts cette classe, issue de la servit ude, que :$e Cttttivaît pfesque uniquement le goût des lettres et des Kenux^-arts; c'êtiit auprès des courtisanes que l'on trouvait ce^ charuKs de b conversation qui font le lien de la société ^. La jeunes^se afBuait chea elles ' ; et Socrate luiaiNNue quittait la querelleuse Santippe pour entendre Aspasîe^. ïlais les disciples qull amenait avec lui imitaienè-ils sa continence? Nous avons dit quels noms figurent dans ce konteux catalogue d'Athénée. On y retrouve Fbton> et Tèpigramme qu'on lui prétait sur la belle Arcbêanasse; Aristote, avec le fils qu'il eut d'Ete*pvllis la courtisane ' ; Euripide, qui maudissait tant les femmes •, t Sophocle, qui souillait parmi elles ses cheveux blaacs^; Lysias, Isocrate, Déinoslhène»; Arislippele voluptueux et Diogèue le Cynique, rivaux sans jalousie*, d le fameux Êpicure, plus logique dans son système qu'on ne

1. A Tarenle il était défendu aux femmes libres de sortir le soir, excepté pour se prostituer : cVtait retenir à la maison œiles qui avaient souci de leur honneur. Le jour» elles deTaient être escortées d*un des gynécomes et suivies d une esdave. (ithén. lil, p. 521, h.)

2. Éphippus, dans son Éi&iroXî, exaltait cet art des courtisanes, (ithéo. Vm, p. 363, c )

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