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INFLUENCE DE L*ESCLAYAGE. 44S
d'en former pour l'esclavage, avec les qualités mâles de la liberté. L'enfant, dans ce premier âge où sa nature se forme aux impressions du dehors, était donc tout spécialement abandonné à l'empire de ces maîtres servîtes ; il s'imprégnait de leurs vices, et la philosophie était assez diversement cultivée parmi les Grecs, pour offrir à tous les mauvais penchants leur théorie, à toutes les folies leur justification. « Scélérat, tu as perdu mon fils, » s'écriait trop tard un père à un esclave de cette espèce, « tu as perdu mon fils dont tu t'étais chargé, et tu l'as persuadé de prendre un train de vie étranger à sa naissance. C'est toi qui es cause qu'il boit dès le matin, ce à quoi il n'était pas accoutumé. — Mais, s'il a appris à vivre, pourquoi me blâmez-vous? car, selon les sages, boire, c'est vivre. Certes, Épicure assure que la volupté est le souverain bien : or peut-on jouir autrement qu'en vivant sans gêne? — Mais, Sosie, tu te rendras peut-être à ce que je vais te dire en deux mots : as-tu jamais vu un philosophe s'enivrer, en cédant aux attraits des plaisirs dont tu me parles? — Tous*. »
Quelque pernicieuse que fût cette influence de l'esclavage sur le caractère des particuliers ou sur les rapports des familles, on espérait, il est vrai, la neutraliser et la contenir par l'organisation des républiques. Le maître rencontrait un inférieur dans son esclave, mais, comme citoyen, il trouvait dans tout citoyen un égal ; la famille était ébranlée dans sa constitution intérieure, mais elle