Xénoph. Mémor, II, vn
bien il était répandu parmi les barbares comme parmi les peuples grecs ^ ; et la philosophie continuait à l'étendre et à le fortifier, loin de le combattre. La pensée même de iSocrate» dans le texte de Xénophon, s'applique onoins aux hommes qu'aux femmes libres*; il trouve et il montre, par la fable du chien et des brebis, que l'homme a bien assez de son rôle de gardien et de protecteur. C'est à ce titre et sous la même figure que Platon i^vendique, pour ses classes de guerriers et de gouvernants, le privilège de vivre aux frais des classes ouvrières, rejetées aux derniers degrés et presque en dehors de la république' ; et le même principe se reproduit dans Aristote, avec toute la rigueur de ses conséquences. Les guerriers el les gouvernants font seuls, pour lui, PËlat politique, et c'est avec répugnance qu'il associe à leur vie civile, mais non à leurs
i. Hérod. \ï, 167. c Je ne saurais aftirmer si les Grecs tiennent cette coutume des Egyptiens, parce que je la trouve établie parmi les Thraces, les Scythes, les Perses, les Lydiens ; en un mot, parce que, chez la plupart des barbares, ceux qui apprennent les arts mécaniques, et même leurs enfants, sont regardés comme les derniers des citoyens, au lieu qu'on estime comme les plus nobles ceux qui n exercent aucun art mécanique, et principalement ceux qui se sont consacrés à la profession des armes. Tous les Grecs ont été élevés dans ces principes, et particulièrement les Lacédémoniens ; j*en excepte toutefois les Corinthiens, qui font beaucoup de cas des artisans. » (Trad. de Larcher.)