‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 364 sur 366 · ego operam meam · texte numérisé non relu

ego operam meam

Tribus numis hodie locavi ad arteis nugatorias. Viden' egestas quid negoti dat homini misero mal! !

Qui ego nunc subigor trium numorum causa, ut bas epistolas Dicam ab eo hominc me abcepisse, quem ego, qui sit homo, neseio, Neque gnovi ; neque gnatus necne is fuerit, id solide scio.

(Piaule, Trinum, IV, ii, 799.)

3. Térence, ïïeaul. I, i, 117; Plante, MU. glor. I,' i, 73. Cette circonslance, toute locale, marque assez l'origine grecque du personnage.

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sfinct, coiTompiie, prenant en tout les habitudes et le caractère de ces esclaves avec lesquels elle était confondue par état, et qui se confondaient avec elles dans les licences de la vie d'Athènes : populace méprisable et pourtant souveraine, et qui porta son esprit servile dans le gouvernement de la république. C'est ce qui explique, sans les justiGer, ces théories des philosophes qui, au lieu de chercher la réforme de l'Etat dans la réhabilitation du travail, proscrivaient le travail et eussent voulu le rejeter tout entier dans l'esdavagc : théories funestes, qui ne purent qu'aggraver le mal, bien loin de le guérir.

On pourra rapporter à des causes diverses ces symptAmes de la décadence des Etats ; mais, si l'on veut découvrir la source de toutes ces influences secondaires et la vraie racine du mal, il faut aller jusqu'à Tesdavage. C'est l'esclavage qui a déposé ce même germe de ruine au sein des deux espèces de gouvernement les plus opposées, dans l'aristocratie de Sparte et dans la démocratie dWthènes. C'est sous Tinfluence de l'esclavage, nous l'avons vu, que l'aristocratie de Sparte, diminuée par la misère, tourna en oligarchie et finit par s'éteindre : « Elle périt, faute d'hommes. » Aristote, dans ce même livre où il proscrit le travail, avait écrit ce mot qui est la condamnation du système de Lycurgue et de ses propres théories ; et de son temps, en eflet, cette parole était déjà presque accomplie. Car, par honneur pour le mâle génie dorien, il ne faut plus appeler Sparte une ville qui ne sut pas accepter la réforme de Cléomène, qui combattit les Romains sous un tyran, et qui, libre, se vendit à eux pour détruire la liberté des Grecs et la sienne ! C'est également sous l'influence de l'esclavage que la démocratie d'Athènes, altérée dans son esprit et dans son organisation, tourna en

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lémagogic, et, oorrompae dans celte éirange association le puissance et de misère, se troQTa aussi à Tendre quand parurent les Romains.

Dégradation de rhomme, dés(Mrganisation de la famille, mine des Ëtats : Toili d<mc les effets certains de Tcsclarage dans la Grèce.

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Mais cette grande race a passé, nous léguant sa civilisation ; et, en laissant de côté ces formes périssables, pour Qe voir que cette fleur brillante par laquelle elle vivra toujours, quelle part faut-il fiiire à Tesdavagc dans le travail qui l'a produite?

Deux choses contribuent surtout au progrès de la civilisation : les arts de 1* intelligence et les arts de la vie matérielle. Pour les arts qui répondent aux besoins de la vie commune, ils étaient primitivement exercés par les citoyens ; et quel siècle plus grand que celui où le travail libre, relevé par Selon, agrandi, honoré par Thémistode >t Aristide , conservait noblement sa suprématie sous es trophées de Marathon et de Salamiae ! Hais, loin d'avoir ^tè perfectionnés par les esclaves, ils ne purent que léchoir, sous l'influence du mépris qui, en frappant le ravail libre, étouffa en même temps l'esprit d'innovation A de progrès. Les esclaves étaient des machines ; ils en eurent tous les inconvénients, sans en avoir les avantages. Les machines, inertes de leur nature, se prêtent à l'intelligence de l'homme comme une force docile ; les esclaves, force intelligente, pouvaient user de ce ressort intérieur moins pour y aider que pour. y résister. Et s'ils n'y résistaient pas, ils n'y aidaient guère : car, si la haine du joug

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x)u bien encore quelques chants de travail, comme les nègres eux-mêmes en improvisent sous le fouet da commandeur, chants dont on ne peut pas même leur altribuer Torigine plutôt qu'aux ouvriers libres associés à leurs travaux (38). Dans la philosophie, Épictète,qui fut esclave, mais à une époque où les Romains tenaient déjà la Grèce captive, n'a que quatre prédécesseurs : Ménippe le sati> rique ; Pompyle, esclave de Théophraste ; Persée, de Zéoon le stoîque, et Mys, d^Épicure^ De pareilles exceptions confirment la règle, et les noms de ces esclaves ne figurent qu'à la faveur de l'exception même dans cette grande et riche histoire de la civilisation grecque. Cette civilisation ne doit rien aux esclaves, et, bien plus, on peut dire qu'elle n'atteignit si haut que parce que les Grecs les écartèrent avec tant de soin du domaine des arts. C'est un fait dont nous trouverons la contre-épreuve à Rome, où les genres réservés aux hommes libres s'élevèrent, dignes émules de la Grèce, tandis que les arts abandonnés aux esclaves ne se soutinrent un peu que par les Grecs.

Mais, si l'esclavage n'a point pris une part directe au développement des lettres et des arts en Grèce, n'a-t-il pas pu y contribuer indirectement en ménageant aux hommes libres le temps de s'y adonner ? Non encore, puisque le travail libre était capable de satisfaire à tous les besoins de la Grèce, et qu'avec le travail libre il peut toujours y avoir chez un peuplé des loisirs pour l'entier développement de l'esprit. 11 y a eu parmi nous, comme parmi les Grecs, de grands et illustres génies dans tous les genres; et, s'ils étaient plus rares, personne, assurément, n'oserait

i. Aula-Gelle, II, 18. Cf. Macrobe, Salum. I, M. Phédon et Diogéne étaient d^origine libre; on ne peut pas plus les ranger parmi les esclaves philosophes que Platon, vendu par Denys.

esclaves. La musique et la gymnastique pouvaient bien moins encore leur être laissées; c'était Tari appliqué non plus à une vile matière, mais à l'homme même : la gym' nasiique formait son corps, la musique, son âme; à ce titre, elles étaient comptées par les philosophes parmi les premiers et les plus nécessaires moyens d'éducation. Ainsi les lettres, les sciences et les beaux-arts se développèrent, en général, hors de la sphère de l'esclavage. Les esclaves puisent en approcher à de certaines distances : des belleslettres comme copistes, des arts comme artisans, des sciences comme préparateurs, de la médecine comme adjoints et par fraude; inais si quelques-uns, méritant, par leur intelligence, la faveur de leur mailre, purent s'élever à un degré supérieur^ce fut une rare exception, qui, en littérature, ne s'étend même pas à tous les genres. Ésope fut esclave '. L'apologue, avec ses applications indirectes et ses allusions voilées, est un genre familier qui ne messied point aux serviteurs. La philosophie, dans sa partie spéculative, la poésie de sentiment, pouvaient aussi leur devenir accessibles. Et encore qu'es t- 11 resté de la poétique de l'esclavage? Des chants de courtisanes, comme ces vers d'Aspasie sur les amours de Socrate', et ces propos impurs qui avaient trouvé un débauché pour les recueillir et les mettre en vers*;

1 . Pline cite Erigonus, broyeur de couleurs, qui devint peintre et laissa un disciple fameux ; mais il ne dit pas que lui-même ait été esclave (XXXV, xl, 20).

2. Esclave de Xantippe ; il fut affranchi par Idmon le Bègue. (Uérad. du Pont., X, § 13; cf. Schol. Aristoph. Oiseaux, 471.)

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