‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 39 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XLVII · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XLVII

règle et gouverne la vie de Tesclave et de la brute ; c'est ce que l'on appelle « Tinslrument d'excitation au travail », ou en termes plus simples, le fouet. — Mais quoi, dit-on, le maître peut-il chasser son esclave ? il se priverait de sa propriété. Peut-il le mettre en prison? il s'en ôlerait l'usage. Les coups donc et parmi les moyens de battre, non le bâton, qui pourrait endommager ses membres, mais le fouet, qui se borne à lui enlever la peau par lanières, à letoiVleTj comme on dit; le service en souffrira moins*. Aussi le fouet est-il l'expression la plus vraie de l'autorité domestique ; c'est mieux que l'œil du maître, c'est « le symbole de la contrainte, dont la présence inspire le mouvement à tous >. Il donne le signal du départ, le signal du travail, le signal du repos, le signal du retour; il donne le signal de la prière : c'est le bruit du fouet qui dit à l'esclave d'élever son âme à Dieu *, . . Et saint Clément d'Alexandrie défendait, comme une insulte à la dignité humaine, d'appeler un esclave par le seul bruit des lèvres ou le claquement des doigts * !

i . Les maîtres ont toujours fait assez bon marché de la peau de leurs esclaves; on n'en refusait pas la satisfaction à un ami, s*il

avait à se plaindre de quelque malheureux : Qui sibi placei

quoil ad dominum accessit et petiitcorium (ostiarii). (Sënèque, De Const. Sap. 14.)

2. « La première fois que je vis sur un habitation les esclaves réunis le soir pour la prière, et que j'entendis le fouet du nègre commandeur qui taillait pour donner le signal, je sentis en moi un mouvement de tristesse. » La réflexion le calma. (Voyage aux AntUles, 11, p. 594.

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