‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 49 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). LY · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). LY

au dehors, que doit-on attendre du régime de l'intérieur*? Je sais que Ton n'y est pas facilement observé. On repousse le contrôle de l'État, et, s'il le faut subir, on s'y prépare tout à son aise *. Le magistrat ne voit que ce qu'on veut lui montrer, et n'entend que ce qu'on veut laisser dire. Qu'un esclave dépose une plainte : si on la repousse, il est directement puni ' ; si on l'accueille, il le sera par contrecoup, et bien plus sûrement, puisqu'il devra payer et pour la dénonciation, et pour la réprimande ou le châtiment encouru par le maître*. Aussi, peu s'y hasardent, et, si on les interroge, ils se tairont encore; car ils voient, derrière le magistrat, le maître, c'est-à-dire la puissance en laquelle ils demeurent, quand a passé cette ombre de la puissance publique.

1. M. Tabbé Dugoujon, p. 85-87; M. Rouvellat de Cussac, pag. 83. Voyez, entre autres, le chapitre Vl intitulé : Quatre femmes esclaves à la Martinique, idem, p. 77-111. — Des fils ont été quelquefois contraints d'infliger le supplice du fouet à leur père ou à leur mère. (Idem^ p. 40 et 41.)

2. M. Rouvellat de Cussac, p. 138-142, où il insiste sur les impossibilités et les obstacles qui font échouer Tordonnance de 1840, concernant les visites du procureur du roi.

3. La police y donnera même la main. Six esclaves allèrent un jour, au nom de Tatelier, se plaindre de la dureté d'un nouveau géreurà leur maîtresse d'abord, puis au procureur du roi. On les renvoya à l'atelier avec tout l'appareil de la force publique.... pour y être foueUés. « Cette scène barbare, ajoute M. Rouvellat, ce déplorable triomphe du statu quo sur l'ordonnance du 5 janvier 1840 eut lieu au commencement du mois de juin de la même année. » (P. 152.)

4. f Règle générale : Tout nègre qui ose porter plainte est fouetté. » (ïdem^ p. 153 avec des exemples.)

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