‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 70 sur 366 · LXXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXX INTRODUCTION

Qu'onl-ils donc pris à cette civilisation au sein de laquelle ils ont été jetés? Le goût des futilités et des jeux, un amour ridicule et désordonné pour tout ce qui frappe leurs yeux par un faux éclat de richesse et de luxe. En accusera-t-on Tinfériorité de leur nature et cette éternelle enfance où elle les retient? Mais si le nègre est d'une nature inférieure, s*il est absolument ou provisoirement incapable de s^élever à notre niveau, pourquoi l'y attirer? Ne vaudrait-il pas mieux pour lui une civilisation qui négligeât pour quelque temps encore les bottes vernies et les gants jaunes^ ^ et s'accommodât à sa nature de nègre, qui ne comporte pas les recherches de notre luxe, sans blesser sa nature d'homme qui veut la liberté?

C'était pourtant afin d'élever les nègres à la religion et à la morale qu'on les avait introduits aux colonies ; c'est par ces grands motifs qu'on entraîna Ferdinand et Isabelle', c'est par là qu'on triompha des répugnances de Louis XIII : a Louis XIU, dit Montesquieu, se fit une peine extrême de la loi qui

1. « Je voudrais bien savoir combien de bottes vernies Sa^ koski envoie chez les lolors et chez les Congos, tandis que les Africains, victimes malheureuses de celte traite abominable, entrent pour plus d'un cinquième dans Tachât des quatorze millions de francs d'objets de mode que la seule ville de Paris expédie chaque année à nos quatre colonies de Cayenne, de la Martinique, de la Guadeloupe et de Bourbon. » (Voyage aux Ati" tiUes, II, p. 227-228.)

2. Bergier, Dictionnaire théologiqtie, au mot Nègre, cité par H. l'abbé Dugoujon, p. 111. .

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