‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 72 sur 366 · LXXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXII INTRODUCTION

Paris était devenu un marché public où les hommes se vendaient au plus offrant et dernier enchérisseur ; » et les prisons de TÉtat se trouvaient converties en geôles d'esclaves. Au moment où parut Tordonnance provoquée par ces abus, l'autorité était sans cesse occupée à en ouvrir les portes aux nègres qu y détenait, sans plus de formalité, la volonté de leurs maîtres, par une audacieuse usurpation des pouvoirs publics * .

i . Le fait est assez curieux pour que nous mettions sous les yeux du lecteur une partie du document officiel : c Uniquement destinés à la culture de nos colonies, la nécessité les y a conduits, cette même nécessité les y conserve, et on n'avait jamais pensé qu'ils vinssent traîner leurs chaînes jusque dans le sein du royaume. C'est néanmoins ce qu'ont voulu introduire parmi nous quelques habitants de nos colonies dont Torgueil, resserré dans ce nouveau monde, a voulu s'étendre jusque dans la capitale de cet empire et dans le reste de son étendue. Le voile de Tutilité des colonies leur servit de prétexle. En 1716, celui de la religion vint à Tappui. Ils demandèrent au roi la permission de faire passer en France quelques nègres, pour les conflrmer dans les instructions et dans les exercices du christianisme, comme si dans nos colonies on n'avait pas de pareils exemples et pour leur faire apprendre quelques métiers. Le roi, toujours porté à faire tout ce qui peut contribuer au bonheur de ses peuples, leur octroya leur demande par Tédit du mois d'octobre, édit subreptice et obreplice, rendu sur un faux exposé et sans aucun motif de nécessité. — A l'abri de cette loi non enregistrée, un déluge de nègres parut en France ; bientôt on oublia les formalités prescrites par cet édit, depuis renouvelé par les déclarations de 1758. La France, surtout sa capitale, est devenue un marché public où l'on a vendu les hommes au plus offrant et dernier enchérisseur : il n'est pas de bourgeois ni d'ouvrier qui n'ait eu son nègre esclave. Nous avons été instruits de plusieurs achats de cette nature, nous avons eu la douleur de voir

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