‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 82 sur 366 · XC INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XC INTRODUCTION

lors troubler cette association, quelle qu'elle soit? Servira-t-on les esclaves en leur donnant, au lieu de cette vie laborieuse, mais assurée, toutes les misères du travail libre?

Nous n'avons pas dissimulé ce que la vie de l'esclave pouvait avoir quelquefois d'avantages matériels, et nous avons aussi reconnu ce que la vie de l'ouvrier libre a de hasards et de pénibles vicissitudes. Certes, l'humanité gagnerait doublement, si, par une sorte de compensation, on satisfaisait en même temps aux instances de la métropole en faveur de l'un et aux récriminations des colonies en faveur de l'autre : pourvu toutefois qu'elles arrêtent un système, et qu'en retour de la liberté donnée aux nègres elles aient autre chose que l'esclavage pour nos ouvriers. Oui, l'esclavage, à certains égards, peut paraître préférable à la vie libre; et pourtant l'esclave aspire à la liberté : c'est môme la récompense que les colons promettent à ses efforts et à sa bonne conduite; et nul ouvrier européen, dans le plus grand dénûment, n'eut la pensée d'envier l'esclavage! Quelle plus forte preuve que cette condition est contre la vraie nature de l'homme? Aussi, vainement cherche-t-on à donner ici le change à l'opinion. Si la résignation est devenue, en effet, une vertu commune de l'esclave, si l'esclavage a presque effacé dans son âme le sentiment de la personnalité*, il n'en a pas détruit le principe, il n'a point

i. Pelil de Baroncourl, Lettres, etc., p. 85.

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