‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 83 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XCI · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XCI

étouffé la pensée de la liberté tout entière, ni le désir d'y arriver à la première occasion : témoin les nègres marram, de tous les temps*; les lois sévères qui recouraient, pour arrêter leur fuite, aux mutilations et à la mort'; et, depuis qu'elles ont passé d'usage, ce redoublement de mesures préventives , ce cordon de troupes qui borde nos îles pour épier et contenir toute tentative d'évasion'. Caria fuite.

1. H. l'abbé Dugoujon disait en 1845 que tout récemment le nombre des fugitifs dans le quartier de Petit-Bourg (Guadeloupe) avait été assez inquiétant pour faire exécuter des battues dans les bois. Plusieurs furent arrêtés et « appliqués à des tortures dont on ne soupçonnerait pas les barbares raffinements. » (Lettres sur V esclavage, p. 94.)

2. L'article du Code noir qui, pour la seconde fois, ordonnait de couper le jarret, fut encore appliqué en 1815. Cette peine est abolie expressément depuis 1853. On n'a plus pour prévenir ou réprimer la fuite que des cages massives, sorte de cercueil un peu large, ou de fort petits cachots, comme ceux dont se servait M. Douillard-Mahaudière ; à quoi il faut ajouter les barres, les entraves, les chaînes, les carcans ramifiés pour empêcher l'esclave d'entrer dans les bois... Disons, cependant, que ces derniers instruments, au témoignage de M. Schœlcher, qui les a vus, ne servaient plus que d'épouvantails. (Voyez Colonies françaises, p. 99-121 ; Cf. M. l'abbé Dugoujon, p. 85.)

3. M. l'abbé Caslelli, p. 181 ; M. l'abbé Dugoujon (p. 68) dit que les évasions sont nombreuses, mais qu'on les dissimule. Cf. M. Rouvellal de Cussac, p. 200, et M. Schœlcher, p. H5 et suiv. — Un gouverneur de la Guadeloupe accusait ces nègres de porter atteinte à la propriété en se sauvant, et il disait vrai (ibid.), .\ujourd'hui, on les renvoie généralement en Cour d'assises pour vol de bateaux (M. Rouvellat de Cussac, p. 125). Les bateaux étant souvent enchaînés, cela peut constituer un vol avec effraction : il en serait probablement ainsi de l'esclave qui romprait sa chaîne !

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