‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 85 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XGIII · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XGIII

pas croire que ces temps soient passés pour toujours; que les nègres, gagnés par un meilleur traitement, vont renoncer à la révolte ou à la fuite, accepter, bénir leur esclavage. La nature protestera encore contre la séduction comme contre la violence... Depuis tant de siècles qu'on y travaille, on n'est point arrivé à faire de Tliomme un animal domestique.

Ainsi l'état de nos colonies ne doit pas nous inspirer une fausse sécurité; la patience et la bonne discipline de nos esclaves sont choses dont il faut craindre d'abuser, et le danger ne s'éloigne point parce qu'on en détourne la tète. La question d'ailleurs n'est plus entière. Depuis que le cri de l'émancipation a retenti dans nos îles, depuis que la liberté est proclamée aux îles anglaises, nos esclaves attendent; et cette situation qui, en cas de guerre, serait un grave danger*, est, comme on l'a montré, dès à pré-

que dans les colonies anglaises, sous le régime de resclavage» sans remonter au delà du siècle présent, on a compté cinq grandes révoltes accompagnées d'incendie et de massacre. (Rapport, p. 11.) Pour n'avoir pas toujours de caractère grave, les rébellions n'en semblent pas moins alarmantes et funestes dans quelques pays où Tesclavage dure encore. C'est à celte cause qu'un document officiel attribue, en partie, le faible revenu de l'exploitation des mines du Brésil. {AvisdiverSy publiés par le ministère du commerce, n<» 281 (1845.)

1. On a dit qu'en cas de guerre les colonies, avec l'esclavage, se battront à outrance, et qu'après l'émancipation elles seraient indifférentes et désaffectionnées. (Presse du 5 avril 1845.) C'est ne voir que les blancs et oublier les esclaves qui, à Bourbon et à la Martinique, sont le double, à la Guyane le triple, à la Gua-

Page 1