XCIV INTRODUCTION
sent, une cause de malaise et de crise Mis attendent, mais ils espèrent : l'exemple de l'antiquité nous enseigne que de telles espérances n'ont jamais été impunément comprimées.
Mais pourquoi tant s'agiter? nous dit-on ;i'esclavage s'en va, laissez-le suivre son cours*. On ne conteste pas le principe; c'est un fait, un fait contemporain de mœurs qui ont disparu , un fait par conséquent sans racine et prêt à disparaître devant ce souffle puissant qui modifie sans cesse la forme
deloupe le quadruple de la population libre. On n'a pas répondu au dilemme décisif du duc de Broglie. {Rapport^ p. 49-50.)
1. (( Vous avez réussi à faire un enfer d'un pays où régnait le bonheur, » [Conseil colonial de la Martinique, séance du !•' novembre 1839, p. 81.) — Voyez des faits plus positifs, sur cet état de crise des colonies, dans le Rapport du duc de Hroglie, p. 51 et suiv., et dans les discours de M. Beugnot à la Chambre des Pairs, et de M. de Tocqueville à la Chambre des Députés (4 avril et 50 mai 1845). Cf. l'abbé Dugoujon, p. 95.
2. Un colon a prétendu en donner une preuve mathématique eu montrant par des chiffres que le nombre des naissances est inférieur au nombre des décès et des affranchissements combinés. Le chiffre de la mortalité s'élève en effet, mais celui des affranchissements diminue, comme l'a montré M. de Tocqueville ; et, du reste, ce ne sera probablement point par là que l'esclavage finira en suivant son cours. M. Rouvellat de Cussac a montré combien les affranchissements sont peu en progrés, et combien les esclaves ont de la peine à obtenir la liberté, même à prix d'argent, p. 154^155 et 220-224.