XCVI INTRODUCTION
« Non, » dit le conseil colonial de la Guyane; « mais il faudra du temps et un temps considérable pour y parvenir, parce qu'il faudra combattre non-seulement de longues habitudes infiltrées dan^ le sang de toutes les générations qui précèdent, mais encore le tempérament de ces hommes travaillés par Télernelle influence du climat*. »
Mais qu'espère-t-oii changer? L'éternelle influence du climat ou le tempérament des nègres? Notons bien que, pour changer le tempérament des nègres, il n'est pas question de le soustraire à cette éternelle influence du climat des Antilles; et d'ailleurs ce n'est point à des causes extérieures qu'on en rapporte le vice. On est assez peu fixé, dans le camp de nos adversaires, sur la place qui appartient à la race africaine dans l'échelle des races animales; tel qui vante l'esclavage comme un moyen de l'élever à la civilisation de l'Europe vous dira confidenMellement que le nègre a une vertèbre de moins que le blanc 1 Aussi se fait-on peu d'illusions, et le Globe (5 mai 1844), dans un article où il insistait sur la nécessité de rendre, avant tout, le travail libre possible en moralisant l'esclave, déclarait, pour sa part, qu'on n'y arriverait pas.
Il faut le dire : soit découragement devant celle fatale influence et de la race et du pays, soit tout autre motif, on a peu fait pour l'éducation de l'esclave ; et le peu d'efforts tentés dans le passé, alors