‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 92 sur 366 · C INTRODUCTION · texte numérisé non relu

C INTRODUCTION

n'ont été ni mieux reçus ni mieux compris. « Le maître, » dit le rapporteur du Conseil de la Martinique, « se trouvera amené à la triste nécessité de faire violence à la morale et d'éviter, pour jouir de tout le travail de ses négresses, qu'elles n'aient des enfantSy ou du moins qu'elles nen aient plus de deux vivants *. » Tout est repoussé comme d'un ennemi perfide ', et il est difficile de se rapprocher et de s'entendre, quand on est placé sur deux terrains aussi contraires. Lorsque le gouvernement se pose déjà en présence de la liberté, les colons restent retranchés dans le camp de l'esclavage. Si M, de Rémusat parle des caisses d'épargnes, pour habituer le nègre à l'économie, on lui répond que « le nègre n'a pas besoin d'économie pour le temps de la vieillesse ou de l'infirmité: son maître est sa caisse d'é-

vacalio ; cui plures, libertas quoque conlingebat » (Columellc, De re rusiica, I, vin, 19). — Rapprochez de cette règle de 1 auteur païen Tannonce citée plus haut, qui met aux enchères une négresse et ses six enfants.

1. Avis, etc., p. 79. — Nous voulons croire que le rapporteur a, par ses craintes exagérées, calomnié la colonie.

2. a Oui, messieurs, dit un membre du Conseil de la Martinique, comme vous je repousse le pécule et le rachat forcé individuel, et les mariages contre le gré du maître, et la diminution de son pouvoir disciplinaire, et l'intervention de Tautorité publique entre son esclave et lui pour surveiller les détails de leurs rapports, et les caisses d'épargne pour les esclaves, et les écoles pour eux et leurs enfants, et l'émancipation des enfants à naître et celle des mères de tel nombre d'enfants, et toutes ces prétendues améliorations demandées. » — Et cependant il se dit partisan de l'émancipation. (Conseil de la Martinique, séance du 2 novembre, p. 92.)

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