Rapport au Conseil de la Guadeloupe, p
2. Ibid., p. 138. — 5. Rapport au Conseil de la Martinique, p. 70-71.
GII INTRODUCTION.
grands progrès sous la direction des maîtres. Il eût été bien étrange, en effet, que l'esclavage n'eût pas produit dans les sociétés modernes les mêmes effets que dans les temps anciens, et que les mœurs eussent su mieux s'y défendre de tant d'entraînements à la licence ou à la cruauté. Ces facilités au relâchement, que la condition de la femme esclave offre à celui dont elle est la propriété, éloignent, si l'on veut, le soupçon de violence dans ces sortes de rapports. Il n'arrive guère que la fantaisie des colons ait à forcer la vertu de leurs négresses S Mais n'est-ce rien qu'un ascendant qui ne rencontre pas même de résistance? et ces désordres sont-ils irréprochables, dès qu'ils ne tombent pas sous la vindicte des lois'? Il n'est pas besoin de soulever le voile de la vie privée; il y a un fait public et reconnu ; la population mulâtre est très nombreuse aux colonies, et il y a peu ou point de mariages entre les blancs et les noirs'!
Mais ici la récrimination, sans être bien fondée, ne serait que trop facile : elle est impossible en matière de sévices ; et l'influence de l'esclavage y est d'autant plus évidente qu'elle produit dans les mœurs des colonies un contraste plus frappant.
l.(( Elles se considèrent comme les épouses des hommes noiis ou blancs sous le toit desquels elles vivent. » [Voyage aux intillesy I, p. 256.) L'auteur ajoute qu'ils valent bien leurs fiancés ordinaires, amenés avec elles par les négriers.