Sén. Ep, ni
4. Ep. icv, 33. Il décrit avec une énergie singulière , dans la lettre que nous citions plus haut, ces luttes des meridiam, placées, par mataiére de passe-temps, entre les combats réguliers du matin, bétes ou gladiateurs, et les scènes des mimes qui finissaient la journée : «Quid- « quid ante pugnatura est , misericordia fuit. Nunc , omissis nugis, « homicidia sunt; nihii habent quo tegantur;... omnia ista mortis « morae sunt. Mane leonibus et ursis horaines, meridie spectatoribus « suis objiciuntur . . . ; victorem in aliam detinent csdem. Exitus « pugnantium mors est; ferro et igue res geritur : haec fiunt dum « vacat arena . . . c Occide, verbera, ure ! Quare tam timide incurrit in « ferrum? quare parum audacter occidit? quare parum libenter mo- « ritur? Plagis agitur in vu]nera,ut mutuos iclus nudis et obviis pec- « toribus excîpiant. — Intermissum est spectaculum : intérim jugulen- « tur homines, ne nihil agatur. » (Ihid, 3-5.) G*est le même sentiment qui lui inspire ses réflexions sur les combats d'éléphants, introduits par Pompée .^(Dc brevit. viiœ, xni, 6.)
maître : le maître le conleslail, prétendant qu'un esclave ne pouvait faire que son devoir^ Sénëquc le réclame au nom de la loi naturelle, qui ne refuse à personne la vertu ; il le réclame au nom du bon sens contre la logique du droit écrit*; il le réclame au nom de l'intérêt du maître : refuser la bienfaisance à l'esclave, ne serait-ce point le renfermer dans le cercle étroit de son ministère? et parce que sa vie, comme ses œuvres, appartient h son maître, le dévouement, qui lui fait braver pour le salut de ce maître et les supplices et la mort même, ne serait-il que le strict accomplissement d'un devoir? <c Prenez garde, » dit le philosophe, « qu il n'y ait dans ce bienfait d'autant plus de grandeur que l'exemple de la vertu est plus rare chez un esclave; d'autant plus de mérite que, malgré l'odieux du commandement et l'insupportable poids de la contrainte, Tamour du maître a pu vaincre, en une âme, cette haine commune de l'esclavage'. »
En maintenante Tesclavc le droit commun de bien faire, il imposait au maître le devoir de la reconnaissance. En toute circonstance d'ailleurs il lui défend la dureté et lui commande la clémence ; il lui parle au nom de sa dignité.
i. « BeneOcium, id est quod quis dédit, quum illi liceret et non « dare ; servus autem non habet negandi potestatem ; ita non praestat, (( sed paret; necid se fecisse jactat, quod non Tacere non potuit. » (De benef. Ul, 19.)
2. ff Scrvos qui negat dare nliquando beneficium, ignanis est juris • humaui : refertenim cujus animi sit non cujus status. NuUi prseclusa < Tirtus. Si non dat beneficium servus dom'no, nec régi quisquam « suo, nec duci suo miles .... Potest servus justus esse, potest fortis, « potest magnanimus *, ergo et beneficium dare potest. • {De benef, III, 18.) f Quandiu prsstatur quod a servis exigi solet, ministerium est : f ubi plus quam quod scrvo necesse est , beneficium. « {Ihid, 21 ; cf. YII. 4.)