‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 121 sur 201 · Ep. Lxxxix, Ad matrem et /i/iam, ibid,, p · texte numérisé non relu

Ep. Lxxxix, Ad matrem et /i/iam, ibid,, p

2. ConciL Eliber. (305), can. 5, ap. Labbe, Conc. t. I, p. 171; Clirysosl. in Kalendas, § 4, 1. 1, p. 703, a. Cela ne diffère pas de ce que S. Cyprien reprochait au paganisme. {Ad Demeir,^ p. 218.) Selon Libanius, on disait toujours que a il est permis de battre les esclaves comme des pierres. » (Orat. xxxi, De servUute, t. II, p. 642, c, éd.

Morelli.)

5. « Si vous voulez nous écouter, nous dirons des esclaves ce que nous avons dit des fils : Apprenez-leur à être pieux, et tout le reste suivra. Mais aujourdlmi, quand on va au théâtre ou au bain, on traîne :iprôs soi tous ses serviteurs : et pour l'église, rien de pareil; nul effort pour les y faire venir écouter la parole. Et comment Tesclave écoulern-t-il. quand le maître a son attention ailleurs? • (J. Chrys. in Ep. adEphes, \i, homiL xiii, 2, t. XI, p. 167-168.)

4. Chrys. in Act. ApoêL hom, xvui, 4 et 5, t. IX, p. 149, e, et p. 152, h.

334 LIVKE m. CHAPITRE VIII.

L'Eglise les instruisait de leurs devoirs, mais elle plaçait, à côté, les devoirs des maîtres, et leur donnait pour fondement le dogme de notre fraternité d'origine, pour sanction la loi de notre commun affranchissement en Jésus- Christ. C'étaient là des cordes qu'on trouvait dangereux de toucher; et les Pères y apportaient, j'en conviens, une réserve extrême. Hais ils ne pouvaient cependant pas, ils ne voulaient pas renier la parole de Jésus-Christ, mutiler, fausser la vérité de l'Évangile. Il fallait que cette vérité fût dite tout entière ; et, comme on ne pouvait en détourner la voix des ministres de Dieu, on s'empressait moins d'y appliquer l'oreille des esclaves, au risque d*avoir à supporter, ou, du moins, à punir tous les vices de l'esclavage : l'esprit de paresse et de vol, de dissimulation, de calomnie, de parjure et d'intrigues, l'esprit dlnsolence et d'insubordination (83).

On s'en prenait aussi à leur race, quoiqu'ils fussent blancs comme leurs maîtres, et saint Jean Chrisostome renvoyait à qui de droit cette influence corruptrice . « C'est, disait-il, une chose généralement reconnue, que la race des esclaves est indolente, rebelle, peu maniable et peu propre à recevoir l'enseignement de la vertu, non par un vice de nature, à Dieu ne plaise, mais par la négligence et par la conduite des maîtres à leur égard... Comme les maîtres ne leur demandent que des services, et, à cette condition, tolèrent tous leurs désordres, ils tombent dans Tabime du vice. Si, en effet, malgré l'active surveillance d'un père, d'une mère, d'un pédagogue ou de celui qui a élevé notre enfance et dirigé nos premiers pas^ si, malgré le commerce de nos égaux et le sentiment même de Vingénuité^ nous évitons si difficilement la société des méchants, que sera-ce de ceux qui,

privés de tous ces secours, se mêlent à des scélérats et s'associent à qui leur plait, personne ne prenant soin de leur amitié? C'est pourquoi il est si difficile aux esclaves d'être bons ; et en effet, ils ne reçoivent d'enseignement ni au dehors, ni chez nous ; ils ne conversent point avec des hommes libres, cultivés et attachant grand prix à la considération publique. Comment donc ne serait-il pas étrange et prodigietix de trouver un serviteur homme de bien^ ! » Cela était vrai en Occident comme en Orient, dans les Gaules comme à Constantinople,au v* siècle comme au Ti* siècle : cela est vrai en tout temps, en tout lieu. Salvien, comme saint Jean Chrysostome, passait en revue tous les vices familiers aux esclaves et les avouait tous : ils sont voleurs, fugitifs, menteurs, gourmands, verum est essehœc vitia servorum*. Mais il cherchait la raison de ces vols, de ces tendances à fuir, de ces mensonges, de cette gourmandise: il en demandait compte aux maîtres, à leur avarice, à leur dureté ; il en demandait comptée leurs exemples ' ; et, pour ce vice bien plus flétri encore par la loi chrétienne, bien plus commun parmi les esclaves, l'impudicité, il en demandait compte à leur action directe, à leurs commandements^.

1. Chrys. in Ep. ad Tit. ii, hom. iv, 5, t. XJ, p. 753. Il y avait des exceptions, sans doute ; et le saint évêque témoignait de Theureuse influence de ces esclaves vertueux sur leurs maîtres, pour montrer aux maîtres comment ils pourraient eux-mêmes former leurs esclaves par l'exemple de leurs vertus. {In Ep. II, ad Tke$$, hom, v, 5, t. XI, p. 544, a.)

2. Salv. De çuh. Det, IV, 3, p. 67. Cf. 6, p. 73 : « Malos esse servos « ac detestabiles satis certum est, sed hoc ulique ingenui ac nobiles « magisexsecrandi, si in statu honestiore pejores sunt. n

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