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4. S. Jean rAumônier, évêque d'Alexandrie (vers 600), intervenait avec un zèle infatigable en faveur des esclaves maltraités.— Il faisait venir le maître, lui rappelait Tégalité de condition, la servitude de J. G., la nécessité de pardonner pour être pardonné ; et s*il savait que le maître ne s*était pomt corrigé, il mandait l'esclave et rengageait à fuir et à demander la vente, selon la loi ; il le rachetait alors et le mettait en litierté: lEt nisi didicisset istum emendatum, praeparabat et instruebat i servum aftlictum ut fugam arriperet et vendittonem peteret, et hune • comparans justus statim liberum statuebat. • {Vie de saint Jean rAumônieri de Véoéque Léontiue, traduite par Anastasele bibl.,ap. Bolland., janvier, 1. 1, p. 510-511.)
sel LIVRE III. CHAPITRE IX.
par le caractère de son contenu, se rapporte évidemment au temps de la pei*sécution, fait un devoir d'employer l'argent amassé par le travail des fidèles à délivrer les esclaves^ Il y joint les captifs, les prisonniers^ : il ne suffisait pas en efTet d'aider les malheureux à sortir de Tesclavage ; il fallait en tarir les sources. Saint Dcnys, qui autrefois, dit saint Basile, brillait à Rome par ses vertus, avait envoyé des mandataires en Cappadoce, pays de traitants, pour retirer de l'esclavage ces frères malheureux*. Lorsque les captifs étaient en réalité des frères dans la foi, c'était un devoir pressant de religion et de charité que de leur venir en aide. N^étaient-ils pas, comme disait saint Cyprien, les membres d'un même corps, et comment abandonner à la domination d'autrui, souvent à d'indignes outrages, ces parties de nous-mêmes (87)? Mais la religion ne renfermait point dans ces limites le devoir de la charite; et Clément d'Alexandrie commentait, comme le faisait plus tard encore saint Arabroise, le précepte de TÉcriture sur la captivité étrangère*.
Les derniers siècles de l'empire offraient bien plus souvent l'occasion de pratiquer ces maximes chrétiennes en faveur de la liberté. Les maîtres étaient plus nombreux et plus riches parmi les chrétiens : il y avait plus d'affranchissements à réclamer de leur zèle ; et l'invasion barbare faisait aussi parmi les Romains bien plus de victimes : il y avait plus de captifs à racheter (88). Mais souvent l'avidité des maîtres, loin de rien abandonner de leur famille domestique, cherchait dans les malheurs de l'empire de nouvelles occasions de l'augmenter. Saint Ambroise, en
i. Const. apost. IV, 9, 1. 1, p. 397.