‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 132 sur 201 · Basil. Ep. I, ux, t. m, p. 174, 6, c · texte numérisé non relu

Basil. Ep. I, ux, t. m, p. 174, 6, c

5, Ciem, Alex. Strom. U, 18, t. l, p. 475, 1. 25.

témoignant de la charité de l'Église, accuse cette indigne cupidité en des termes qui semblent avoir inspiré plus tard la loi déjà cilée.d'Honorius.... « Ces malheurs ne sont que trop connus, dit-il, par la dévastation de TlUyrie et de la Thrace. Que de captifs à vendre par toute la terre ! en les rassemblant, on pourrait presque remplir une province. Et cependant on a vu des hommes vouloir ramener en servitude ceux que TËglise avait rachetés : plus cruels que la captivité, puisqu'ils portaient envie à la miséricorde des autres. C'est donc un acte tout spécial de libéralité que de racheter les captifs, de les racheter surtout d'un ennemi barbare, insensible à la miséricorde, et que l'avarice seule dispose à les rendre pour de l'argent ^ » Ces violences et ces malheurs ne faisaient qu'exciter davantage le zèle des évéques à remplir eux-mêmes les devoirs qu'ils prêchaient aux autres : saint Ambroise, saint Augustin, saint Césaire d'Arles, faisaient vendre les vases sacrés pour racheter les captifs,' ; Acace, évéque d'Amide (422), faisait de même pour racheter et renvoyer libres les Perses fails prisonniers par les troupes impériales, des étrangers, des

i. Âmbros. De off. ministr. H, xt, 70 et 72, t. H, p. 87 et 88. Cf. Lactant., ImL div. VI, 12; Gypr. Ep. lxxii.

2. Ambros. De off, II, xxviii; Posidius, Vita S. Aug., v, 52, ap, Bolland., août, t. VI, p. 457; Vie de S. Césaire, c. 23, ap. Bolland., th'<l.,p. 69, e. Saint Hilaire se trouva bientôt réduit à des yases de verre pour célébrer le service divin. (Vita S, HiL II, il, ap. Boll., mai, t. Il, p. 28.) C'était la pratique des saints; c*était la régie de TÊglise qui sacrifiait tout à cette fin. Yoyex £. Le Blant, Inscr. chréL de la Gaule, t. II, p. 292. Il a noté à quel prix les barbares, aux diverses époques de l'invasion, ont fixé le taux des rançons (p. 287, n* 1), et a donné plusieurs inscriptions qui font honneur à des évéques ou à des particuliers de leur zélé pour le rachat des captifs. (Ibid, n*' 405, 425 et 545. Cf. Ennodius, VitaEpiph., éd. Sirmond, p. 408.) Sur les barbares, nous renvoyons aussi au travail de notre ami Yanosky, De VaboUlion de reêclavage ancien au moyen âge, Paris, Imprimerie impériale, 1860,

SM LIVRE m. CHAPITRB IX.

infidèles ^ Saint Paulin faisait plus : il se livrait en servitude aux Vandales pour tirer le fils d'une veuve de la captivité*.

L'Église travaillait donc avec ardeur à la suppression de l'esclavage : elle s'efforçait d'en tarir les sources extérieures en conseillant, en opérant le rachat des captifs ; elle s'efforçait aussi de tarir les sources non moins abondantes qu'il avait, à rintérieur, dans la misère. Les apologistes avaient vivement reproché aux païens la barbare coutume d'exposer les enfants'. N'élait-ce point, en effet, une triomphante réponse à leurs absurdes accusations que d'opposer les principes du christianisme à celte inhumanité des parents envers leurs nouveau-nés, pauvres innocents, dont le moindre malheur était de mourir de faim: car ils échappaient à toutes les misères, à toutes les hontes de l'esclavage, à ces recruteurs infâmes qui les recueillaient et les élevaient, comme en troupeau, pour en faire des gladiateurs et des eunuques, pour les vouer aux ignominies du théâtre et du lupanar^ ; et la vente des enfants, considérée comme un adoucissement à l'usage de les exposer, n'avait souvent pas d'autre effet que de les livrer directement à ces spéculateurs détes-

1. Socrat., Uiil, eccles. Vif, \xi. De même Sevenis, sénateur et patrice, envoyé en ambassade auprès de Gensénc, faisait vendre à Tenchére ses biens, ses vêtements, et rachetait tous les prisonniers qu it pouvait. (Malch. Philadelph , p. 3. Fragmenta hisl, grœe.^ t. IV, p. 115.)

2. Greg. Mag. Dial III, i, De Paul. Nolano, t. Il, p. 127, c. Voy. àla suite des Œuvres de S. Paulin la diss. va sur cette captivité, p. 139.

3. Alhenag. Légat pro Christ. , 35, p. 312; Terlull. Apolog. adv. gerUety 9, p. 9, et ad Nation, I, 16, p. 51 ; Minutius Félix, Octav. 31, p. 289, etc. — On voit par ces passages que les chrétiens, alors comme aujourd'hui encore en Chine, où se continue cet usage inhumain, se faisaient un devoir de recueillir les malheureux abandonnés.

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