Ubi summum deliciarum genus est mori homines, aut
< quod morte gravius acerbiusque, lacerari, expleri ferarum alvos hu-
< manis carnibus, comedi homines cum circumstantium lœtitia, conc spicientium yoluptate, hoc est non minus pêne hominum aspecr tibus, quam bestiarum dentibus, deyorah. • (Salv., De gub. Dei^ VJ, 2, p. 121.)
3. Les règlements dont parle Symmaque (Ep. X, 31) se rapportât à rOccident.
4. Il est dit seulement d*un saint, contemporain de saint Jean Chrysostome, saint Marcel, que pour aller détruire un temple dans le territoire d'Apamée, il prit avec lui une troupe de soldats et de gladiateurs (|icvo|ioJx«v) (Sozom., Vn, 15).
6. Kai TÎ ^lî Xt^tiv tàç ^y^xttioi toç iv raîç k «o^popiicuç ; toc iv Tttîj
Mais les législaleui*s, même devenus chrétiens, craignaient encore de porter la main à ce mal dont le peuple ne voulait pas guérir. Ce fut en vain que Théodose le Jeune refusa un jour de laisser un homme combattre devant lui contre les bétes, déclarant qu'il ne voulait rien de cruel dans les spoctacles où il assistait^ Une loi de Léon et d'Anthémius, relative à leur célébration, les déplore, et les tolère, le dimanche excepté'; et une loi d'Anastase, qui en abolit l'obligation, n'en supprima point l'usage'. Peu d'années après, deux diptyques du même règne i*eprésentent encore, au-dessous du personnage revêtu des insignes du consulat, une image des jeux qu'il dut faire célébrer à celte occasion. L'un nous montre quatre hommes combattant contre autant de lions qu'ils percent tous les quatre de leurs lances ; sur Tauli^, ce sont des ours : mais ce n'est plus un combat. Les hommes sont sans armes; ils fuient, et les ours les saisissent à la jambe* : il fallait bien que le peuple aussi eût son plaisir! C'est, du reste, un des derniers monuments de ces jeux. Dans ces luttes d'hommes à bêtes, on l'a vu, l'intérêt n'était point assez partagé. La passion du peuple y préféra et ût prédominer
Tûv 6Yi;itty àpttXXai;; 7caor<; «^àp xai iMMtt. vcL^oLiùjnliaç luark, irsu^iuti rU ^Tjacv ouvix»; êprrikEfi nva Ixitv xal ùpiov xal aTrâvOpttircv rpoirov, xxt p^ivâ^ti opov àvSpttirouç ffirxpoiTTopiiv&uç, xai clI^lol xarappicv xai (biptuv upLOTTra iroîvra <rr(x,iwo(Viy etc. (Chrys., In Ep, I ad Corintk. hom,, xn, 5,1. X, p. 104, a.) Voyez la note 94 à la fin de ce Tolume.
i. Socrat., VU, 22. L'histoire ne confirme pas ce qu'ajoute Thistorien, que par là il apprit au peuple à respecter désormais Thumanité dans les spectacles.
2. « Nihil eodem die sibi vindicet scena theatralis, aut circense, aut « ferarum lacrymosa spectacula. » (L. 9 (Léonet Ânthém.,469),C. J., m, XII, De feriu.)
3. Theopli., Chronogr. (ann. 495. t. I. p. 221, éd. Beklcer).
4. Gori, Thés. vet. diptych., 1. 1, table vu, p. 219. n s*agitd*un Aréobindus, qui fut consul en 506. Voyei aussi Mûller, loc, laud.
le cirque, où Ton pouvait plus aisément prendre parti ; luttes de factions, luttes d'homme à homme, sous une autre forme, et elles avaient aussi leurs victimes : nous n'avons pas besoin de rappeler ces combats journaliers qui ensanglantaient les rues de Constantinople, cette grande émeute et ce massacre qui marquèrent les premières années du régne de Juslinien. Mais, à cette époque même, les combats de bétes n*ont pourtant point entièrement cessé. Le prince en parle encore dans une loi (le contraste est bizarre) pour défendre aux prêtres et aux évoques d'y assister*. A ces victimes des plaisirs inhumains se joignaient celles que la sensualité romaine avait consacrées à dos jeux d'une autre espèce, les troupes d*acleurs publics (ludicra ministeria) * , Il y en avait partout, mais principalement à Rome, en Afrique et dans les grandes villes d Orient ; leur métier était réputé inlâme, et, malgré les honneurs qu'on leur rendait quelquefois, leur personne, malhonnête (inhonesta) ' : et pourtant, libres aussi bien qu'esclaves, il ne leur était point donné de s'y soustraire ; ils y étaient enchainés (almae Urbis ediiioni obnoxiï) , et leurs enfants étaient contraints de vivre dans cette c< tourbe impure où ils étaient nés ^. »
1. L. 34 (NSi), C. J., I, IV, De epiêcopali atuiieniia,Ce texte n^aurait pas dû échapper a Mûiler. Le prince reconnaît d'ailleurs que bien peu ont donné lieu au scandale qu'il veut réprimer.
2. L. 4 (580), 1. 9 (381), C. Th., XV, vu, De $cenicU. Voir le Paratitlon de Godefroi.
3. L. 4 (380), 1. 12 (304), eod. Cette dernière loi défend précisément de leur consacrer des statues, ou du moins des portraits, si ce n'est à rentrée du cirque ou sur Tavant-scène : « Neque unquam posthac « liceat in loco honesto inhonestas adnotare personas. » Cf., sur les hommages que plusieurs recevaient de la part des villes, Chrys., in Matth. hom, xixvn, 5, t. VII, p. i2i, c; et, sur le luxe qu'ils étalaient, in Ép. I ad Timotk. hom, xi, 3, t. XI, p. 609, b,
4. C. Th., XV, VIT, 1. 2 (371), 1. 4 (iniiio), et 1. 9 : « Quœcunque ex
406 LIYRB III. CHAPITRE X.
Après les gladiateurs, ce fut à leur affranchissement que dut travailler le christianisme : mais la lutte fut vive, les avantages longuement disputés, faiblement obtenus ; et rien ne montre mieux que cette résistance opiniâtre combien était dure la chaîne dont TÉtat enserrait les corporations. Les hommes ne pouvaient être affranchis que dans un cas, et il semble que généralement la corporation ne faisait pas alors un bien grand sacrifice : lorsqu'on danger de vie ils avaient reçu les derniers sacrements de rÉglise, et que, par hasard, ils échappaient à la mort, ils échappaient aussi aux devoirs du théâtre. Mais auparavant on instiluah une sévère enquête : des officiers publics étaient appelés à décider si, en effet, le malade avait besoin des derniers sacrements S Quant aux femmes nées du théâtre, et liées au théâtre par le lien de leur condition naturelle (vineulo naturalis conditionis)^ elles se trouvaient nécessairement vouées par là à tous les désordres ; la loi, on l'a vu, ne les jugeait pas dignes des peines de l'adultère * : une loi plus chrélienne leur offrit mieux que l'impunité. Elle portait défense de ramener à la scène (relrahi) celles que le christianisme avait adoptées, si d'ailleurs la régularité de leur vie jus-
• hujutmodi fœee progenit», scenica officia declinare, ludicris ministe- « riis deputentur. »
1. tt Ante omnia tamen diligenti observari ac tueri sanctione jubec mus, ut vere et in extremo periculo constituti, id, pro salute poscentes c (si tamen antistites probant) beneûcii consequantur : quod ut fidec jiler fiât, statim eonim ad judices, si in prœsenti sunt, desiderium < perferatur. Quod ut inspectoribus missis sedula exploratione qusBra- M tur, an indulgeri his nécessitas poscat extrema suffragia. > (L. 1 (371), eod.)
S. La loi qui menace celui qui en séquestrerait une en dit le motif : fl Ita ut Toluptatibus publicis non serviat. • (L. 5 (380), G» Th., XV, m.)
tifiait ce bienfait de la mansuétude impériale ^ Mais, si elles retombaient dans les vices de leur ancien état, on les forçait à en reprendre les charges, on les faisait remonter sur la scène pour n'en plus descendre : car la loi impériale ne parJonne pas deux fois ; et, par une profanation des choses les plus saintes, elle veut les y retenir dès lors jusqu'à ce que la vieillesse, dont le privilège est de commander le respect, vienne les flétrir du sceau du ridicule et de la laideur *.
Ainsi le christianisme n'avait pu sauver encore que ceux qui se réfugiaient dans le sein de l'Église; et l'on voit avec quelle jalousie l'État les lui abandonnait. Pour affranchir la classe entière, il eût fallu obtenir la suppression des spectacles publics. Or c'était le dernier des sacrifices auquel le peuple pût consentir. Parmi les désordres de l'invasion barbare, presque au lendemain de la prise de Rome par Marie, Honorius s'occupe de les reconstituer. U annule toute libération de faveur accordée aux femmes de la scène, et charge du soin de les y ramener leur magistrat, le tribun des plaisirs', magistrature créée par Tibère et qui se continue jusque sous les Ostrogoths\ L'Église gagna pourtant quelque chose encore pour la cause
1. • Easenim ad scenam de scenicis natas aequum est revocariquas c YulgaremYitam conversatione et moribus exercereet exercuisse con-
• stabit. » (L.2(37i) eod.) — i Quas melior vivendi usus vinculo natu- « ralis condicionis evolyit, retrahi Tetamus. lllas enim feminas libéras « a contubemio scenici praejudicii durare'l)necipinius, quse, Nansue- « tudinis nostrae beneÛcio, expertes muneris turpioris esse menierunt. » (L. 3 (380), eod.)
S. • Detracta in pulpitum, sine spe absolutionis ullius, ibi eo usque
• permaneat, xlonec anus ridicula, senectute deformis, nec tune qui-
• dem absolutione potiatur. • (L. 8 (381), foJ.)
3. f Ut voluplatibus popuU ac festis diebus solitus omatus déesse « non poBiit. » (L. 13 (413), G. Th., XV, th. De scenicU.)
4. Elle a sa formule dans les lois de Théodoric. (Cassîod., Variar,
408 LIVRE m. CHAPITRE X.
de la liberté. Une loi de Léon supprima Tun des moyens de recrutement du théâtre, en défendant de forcer aucune femme, libre ou môme esclave, d'y monter malgré elle*; et Juslinien, non content de renouveler cette loi, déclarait nuls, par un acte postérieur, les engagements qui, librement acceptés, peut-être, pourraient ensuite y retenir de force : les évèques, dans Tun comme dans l'autre cas, devaient y veiller avec les magistrats; ils devaient même veiller sur les magislrals*. Mais, pour supprimer les spectacles eux-mêmes et toutes les servitudes qui s*y rattachaient, il fallait une autorité plus impérieuse que celle de la religion ou des princes : la nécessité de la misère. Ce fut elle qui ferma presque partout les théâtres en Occident, dans le cours du cinquième siècle'. A Rome, ils paraissent avoir duré jusqu'à Totila*.
VII, 10.) On y voit combien Tautorité s*efTorce de concilier officielleraent la dépravation du théâtre avec la décence publique. C'était le tribun des plaisirs qui en avait la police, et, du reste, aux altribulions de sa charge se joignent quelques conseils pour lui, dnns sa formule : « Castitatem dilige... ut magna laude dicatur : virtulibus studuil^qui • voluptatibus miscebatur. »
1. « ... Âpud ejusoppidi magistratum aut episcopum, quibus curae a erit, ne etiam invitam mulierem, liberam aut ancillara, conjungi « patiantur mimis aut choris, aut aliud spectaculum in theatro agere (( invitam. » (L. 14 (Léon). C. J., I, iv. De epucopali audientia.)
2. L. 33 (Just.), C. J., I, iv; et Just. Nov, u. Saint Jean Chrysostome dit que Ton prenait ainsi quelquefois les acteurs parmi les ouvriers ou les esclaves. (De Lazar, hom. n, 3, t. 1, p. 731.)
3. « Nisi forte hinc sunt tempera mala, quia per omnes civitates « cadunt theatra, caves turpitudinum et publics professiones flagitio- « rum. )) (Aug , De cons. evang,, I, 5i,t. III, p. 1276, b.) c Calamitas « enim fisci et mendicitas jam romani aerarii non sinit ut ubique « in res nugalorias perdit» profundantur impensse. » (Salv., VI, 8, p. 131.)
4. Voyez, sur toute cette matière, le curieux et savant ouvrage auquel nous avons dû tant de fois renvoyer, Mûller, De genio et mort'' bu» œri Theodo»iani, If, vni et ix.
' Les Pères ne s'étaient point bornés à combattre les spectacles publics : ils avaient attaqué le vieil usage qui en introduisait tout Tappareil dans les fêtes de famille avec plus de danger encore; et Théodose, que Zozimc accuse d'avoir tant aimé les histrions S crut plus facile de seconder on ce point les efforts de l'Église. Il défendait d'acheter, de vendre ou de former des joueuses de lyre ou de les faire paraître à des festins et à des spectacles privés : il défendait môme d'avoir, pour son plaisir, des femmes esclaves instruites dans l'art de la musique*. Mais on peut douter qu'une semblable loi ait pu être appliquée jamais, quand on se rappelle avec quelle énergie saint Jean Chrysostome avait toujours à lutter contre ces coutumes licencieuses. La réduction progressive des fêtes publiques offrit même d'abord plus d'aliment à la spéculation qui exploitait les familles. Chassés du théâtre, les histrions se répandirent par bandes dans la société des riches. Ils passèrent du monde ancien au monde nouveau, et trouvèrent parmi les barbares un accueil empressé . Au neuvième siècle, un concile de France devait renouveler les prescriptions du concile de Laodicée, pour éloigner au moins le clergé des scènes qui terminaient les repas solennels'.
S'il était diftlcile d'atteindre la corruption sous ces