‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 21 sur 201 · Dûs. IV, I, 35-4i · texte numérisé non relu

Dûs. IV, I, 35-4i

de l'esclave, gourmandant les pirates qui l'avaient pris sur leur conduite envers les prisonniers, et reprenant le mailrc qui l'acheta de leurs mains ^ Pourquoi? C'est qu'il avait kl liberté en lui, bien avant d'ôtrc tombé en servitude. » Il disait à ce sujet : « J'ai cessé d'élre esclave depuis qu'Antisthène m'a affranchi. » Et comment l'a-l-il rendu libre? Écoute ses paroles : « Il m'a donné la connaissance des choses qui m'appartiennent, et de celles qui ne m'appartiennent pas*. »

Quelles sont les conclusions pratiques de cette doctrine touchant l'esclavage? Elles sont également simples pour l'esclave et pour le maître. L'esclave qui veut être libre n'a point à changer d'état : qu'il change de sentiments'; et le maître n'a pas à s'en soucier davantage, pour la raison bien simple que nous avons déjà vue : l'esclave qui comprend sa position n'a pas besoin de pitié ; celui qui s'en afflige n'en mérite pas. Cela n'empêche pas Épietète de conseiller la modération dans l'usage et dans le traitement des esclaves ; c'est même une suite de sa doc* trine au point de vue de l'iiomme libre : il ne faut pas qu'il se rende esclave de sa colère, esclave des mille complications d'un service étranger*. Il ne réclame rien, d'ailleurs, au nom des esclaves, et il y a même, chez Ëpicléte, comme un fond de mépris dans cette maxime qui, pourtant, eût supprimé leur condition : a De même que l'homme sain ne voudrait pas être servi par des malades, de même l'homme libre ne devrait pas se laisser

i. Z)iM. IV, I, 114-117.

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