c Nam et corpus non est unum membrum sed multa — Sed
R multo magis quae videntur membrâ corporis infirmiora esso, necesc sariora sont; — Et quae putamus ignobiliora rnembra esse corporis, c his honorem abundantiorem circumdamus. » (I, Corinth. xn, U-22.)
4. « Et intirma mundi elegit Deus .... — Et ignobilia mundi et
lève dans sa personne Thomme du peuple, l'artisan : « N'est-ce point là, disait-on du Sauveur, le charpentier, fils de Marie* ?» et TApôtre aussi avait voulu vivre du travail de ses mains; il avait refusé les secours auxquels lui donnait droit toute une vie de dévouement et il trouvait, le jour ou la nuit, parmi les fatigues de l'apostolat, du temps pour gagner sa nourriture, afin de présenter son propre exemple aux fi'lèles, et de jusiifier cette condamnation, portée contre la stérile oisiveté de tant d'hommes nourris et servis par leurs esclaves : Celui qui ne veut point travailler ne doit pas manger*. Cela ne l'empêchait point de respecter, comme on l'a vu, les différences des conditions sociales et de commander à chacun d'acquitter sa dette envers les autres : tribut, crainte ou honneur'. Ainsi TesClave n'est pas violemment élevé au niveau du maître, ni affranchi, même au nom de la fraternité chrétienne, de tout respect à son égard^ ; mais le maitre est
« confemptibilia elegit Deus. » (t. Corinth. i, 27-28. — Cf. Jacques, Ep, Calh. V, 5, el Matlh. vi, 25; xiii, 54-58, etc.)
1. fl Nonne hic est faber, filius Marias... » (Marc, vi, 3; cf. Matth. xm, 55; Luc. n, 51), et encore : « Quicumque voluerit inter vos major c fieri, sit vester minister. — Et qui voluerit inter vos primus esse, (c erit vester servus. — Sicnt filius hominis non venit ministrari, sed « ministrare. » (Matth. xx, 26; cf. xvni, 3-5; Marc, ix, 34; x, 45; Luc. MY, 11 ; Joann. xm, 4, etc. I, Cor. i, 26-30.)
2. (( Neque gratis panem manducavimus in aliquo, sed in labore et (( in fatigatione, nocte ac die opérantes, ne quem vestrum gravaremus. (( — Non quasi non habuerimus potestatem, sed ut nosmetipsos for- « mam daremus vobis ad imitandum nos. — Nam et quum essemus « apud vos hoc denuntiabamus vobis, quoniam, si quis non vult ope- « rari, nec inanducet, etc. » (II, Tiiessal. m, 8-12.)
3. « Reddite ergo omnibus débita: cui tributum, (ributum; cui « vectigal, vectigal; cui timorem, timorem; cui honorent, honorem. § (Rom. xui, 7.)
4. « Quicumque sunt sub jugo servi, dominos, suos omni honore « dignos arbitrentur, ne nomen Domini et doctrina blasphemetur. — (( Qui autem ûdeles habent dominos, non contemnant quia fratres
ËYÀNGILB ET PHILOSOPHIE. 5
doucement ramené vers Tcsclave, et délourné des rigueurs du commandement par ces sentiments d'humilité qui font la consommation de la vertu, par ces habitudes de travail, réhabilitées en la personne du divin Maître, prôchées et pratiquées par ses disciples.
De même, pour rétablir la liberté parmi les hommesi le christianisme enseigne le dogme de la servitude volontaire. Il les appelle, libres et esclaves, au sentiment de leur vraie condition. « Es-tu esclave? n'en sois pas inquiet, mais, si tu peux devenir libre, profites-en davantage. Celui qui est appelé esclave dans le Seigneur est Ta (franchi du Seigneur; et celui qui est appelé libre est Tesclave du Seigneur. » Ainsi Tordre des conditions est, en quelque sorte, renversé dans Tordre de la grâce : Tesclave est Tatfranchi, le libre est Tesclave. Plus on est libre, plus on doit servir; Tesclavage a moins de dépendance, moins de devoirs que la liberté : Sed et si potes liber fieri^ magis tUere^. L'Apôtre encore avait donné l'exemple de cette nouvelle servitude, qui est la destruction non de la personnalité mais de Tégoîsme, servitude de charité et d'amour qui fait que Ton s'abdique, en quelque sorte, soimême, pour gagner un plus grand nombre de ses semblables à la liberté des enfants de Dieu'. C'est comme
« sunt, sed magis serviant, quia fidèles sunt et dilecti , qui benefici « participes sunt. Haec doce etexhortare. » (Timoih, iv, 1-2.)
1. Ces mois magie utere (uâxxcv y(jp^a%i) ont été pris comme se rapportant à l'esclavage; ils se rapportent à la liberté : Profites-en pour servir, sans doute, mais non pour rester esclave; pour servir de ceUe servitude plus élevée qui est marquée au verset suivant : « Qui enim « vocatus est in Domino servus, libertus est Domini, similiter qui liber a vocatus est, servus est Christi. » (I, Corinth. vn, 22.) CÎ.Rom. vi, 18, 22 : c Liberati auiem peccato, servi facti eslis justitiao . . . servi autem « facii Deo. »
2. « Nam quum liber essem ex omnibus, omnium me servum feci, < utplures lucrifacerem. » (I. Corinth, n, 19.)
le titre môme de son apostolat*. Il lui est donc bien permis, dans cetic naissante Église qui l'honore comme un père, de communiquer ces honneurs à ses frères en servitude, liés à lui par le nœud même de la captivité'; il les recommande tout spécialement ' et les associe à leurs mailres, comme « une Église domestique, m dans les compliments qu'il échange*.
C'est dans cet esprit que la foi nouvelle, tant que ces distinctions devront durer parmi les hommes, prescrit à chacun sa règle de conduile. Elle réunit maîtres et esclaves, sur le modèle du Christ, dans la pensée du Christ. Au nom de riIomme-Dieu dont ils sont les membres, elle demande aux uns de Tobéissance, aux autres de la douceur ; elle veut, par raccomplissement môme de leurs devoirs, développer en eux la charité qui est l'âme du Sauveur, afin que dès lors l'union soit complète et que les chaînes tombent comme d'elles-mêmes : « Esclaves, obéissez à vos maîtres de la terre avec crainte et tremblement dans la simplicité de votre cœur, comme à Jésus-Christ ; n'agissez pas seulement sous leur regard, comme occupés de plaire au monde, mais comme les serviteurs du Christ, faisant la volonté de Dieu, de bon cœur et de bonne volonté, sei'vant
1. <( Ego vinctus Christi... vinctus in Domino. » (Galat. m, i, et