Pars huniili de plebe duces, pars compede suras
Gruraque signati nigro liventia ferre
Jura regunt, faciès quamvis insciipta repugnet,
Seque suc prodat titulo.
(Glaud. in Eutrop. II, 542.; cf. 551.)
On voit, par plusieurs lois, combien les gens du service du prince vexaient les peuples par leurs prétentions et leur orgueil. Valentinien III, après la défaite de l'usurpateur Jean le Secrétaire, crut de bonne politique de les réprimer. (L. 1 et 2 (426), G. Th., X, xxvi, De conduci. domui Augtutœ.)
centi*ales d'où son action rayonnait alentour, el des es* claves publics avaient d'abord été mis à leur service. Mais, leurs fonctions ne différant qu'en degré des fonctions palatines, elles durent suivre le progrès de leur élévation. Comme les premières, elles furent aifranchies, elles formèrent une milice ; servir dans l'administration impériale s'appelait combattre, comme aujourd'hui, par une sorte de réciprocité, porter les armes s'appelle servir, et, souvent, avec plus de vérité : car la profession des armes, si noble par son ,but, si grande par son dévouement, a bien eu aussi, pour nos classes populaires, sa servitude*. Mais cette milice de l'empire avait-elle plus de liberté? Constatons d'abord qu'elle était désormais remplie par des hommes libres, et nous en trouverons la preuve en jetant un coup d'œil général sur la masse des agents qu'elle réunissait autour des divers centres de l'administration*. Trois choses résument principalement les rapports du pouvoir central avec les provinces ; il doit les administrer et les défendre, et, pour suffire à ce double devoir, il en exige l'impôt : administration civile, administration militaire, administration financière, tel était donc le triple apanage de l'autorité publique dans les provinces ; et, de quelque manière que les pouvoirs en fussent répartis dans les régions supérieures du commandement, ce n'en étaient
1. Ce caractère se marquait naguère avec un révoltant cynisme dans les transactions auxquelles elle donnait lieu pour les classes plus aisées. Les entrepreneurs de remplacement se nommaient, dans leur langage vulgaire, marchands d'hommes : pourquoi, en elTet, ne pas dire le mot? et iJs affichaient des annonces de ce genre : « Bonne récompense sera accordée à celui qui amènera un remplaçant à telle adresse, > absolument comme on dirait d*un chien perdu. — L'obligation du service militaire pour tous a supprimé cet indigne trafic.
2. Ces détails ronl aussi du ressort de Fouvrage de M. Naudet, auquel nous renvoyons.
i28 LIVRE m. GUAPITRB lY.
pas moins autant de scclions distinctes, ayant toutes leur genre spécial de fonctions et leurs agents pour en rennplir les devoirs. Nous en dirons deux mots, non pour en exposer le système, mais pour expliquer les noms sous lesquels se rangent ou se cachent, dans les deux codes, les anciens serviteurs de ^État^
L'administration civile comptait un grand nombre d'employés dans son office. Le princeps qui le dirigeait, le corniculaire; sorte de héraut en chef, le commenlariensis ^ directeur de la prison, le chef du greffe ou du notariat pub!ic [ah actis), avaient tous un bureau sépare avec leurs écrivains ou leurs aides', et il y avait, en outre, pour le service du dehors, un grand nombre d^appariteurs que la Notice désigne peut-être par le nom de singnlarii* : les uns qui concouraient avec les stationnaires^ sorte de gendarmerie à poste fixe, et avec les curieux de la milice palatine, à Tarrestation des malfaiteurs* , d'autres qui les recevaient de leurs mains et en prenaient la garde'; puis les huissiers qui assistaient au jugement, les scribes qui
1. Pour les inscriptions, qui sont en abondance dans tous les recueils, nous renverrons surtout à deux ouvrages où on les trouve plus commodément groupées : Orelli, ch. tl^ Officia minora, et Wilmanns, ch. thi, Magistraius minores. On peut en outre recourir aux très bonnes tables des divers volumes du Corpus In^cr, latinarum,
2. Noiit. dignit. utriusque Imper, avec le commentaire de Pancirolle, I, G. ix-xx. — ADJUTOR OFFiGi coRRicuLARioRux (libre), (Orelii, n* 1251. Cf. 5517.) Pour les comiculaires et les commentarienses^ Orelli, n*' 3486 et 3187, et Inscr. Rkeni, 359. — fraefectus LiBRARioRCiM.(in<cr. Rheni, 675.)
5. Le titre de singularis du consul est porté, dans une inscription, par un employé militaire. (Orelli, n"* 2003.)
4. L. 1 et 8, C. Th., VI, xxix, De curiosis, et 1. 5 (354), G. Th., VIU, IV, De cohortalibus. Les inscriptions nous montrent des statures qui pourraient bien répondre à ces stationarii. (Inscript. Bheni^ 589 et 993.)
5. L. 2, C. Th., VUI, vm, De exsecutor. et la Notice des dignités.
recueillaient les dépositions et transcrivaient les arrêts, et ceux qui étaient chargés de les exécuter {spiculatoresY .
Des agents comptables {numerarii) rattachaient à Toffice du gouverneur la direction des travaux publics confiée ^t^cnèralement au prœfeclus fabrorum* et une partie de ladministration des finances'.
Celte administration, qui comprenait en même temps les receltes et les dépenses du trésor et touchait ainsi à toutes les parties de l'empire, réunissait un bien plus grand nombre d'agents inférieurs.
L'impôt se levait en argent ou en nature ; il frappait les personnes ou les terres ; et, quelquefois, il pouvait s'acquitter, à volonté, en numéraire ou en produits du sol ; ^lUelquefois encore il était en même temps personnel et Icrritorial. De plus, les dépenses n'étaient pas elles-mêmes toules de même sorte : Tadministration payait en argent ou en vivres ceux qu'elle employait. Cette diversité dans la nature des choses ajoutait à la complication des rouages qui faisaient mouvoir la machine, il y avait les agrimen" ^ores qui servaient à l'établissement du cadastre ; les préposés au recensement (censilores), qui s'occupaient de la formation des rôles; les répartiteurs (perœquatores) ^ qui fixaient la quote-part de chaque propriété ; les inspecteurs
l.L. 10, C. Th., vin, IV, De cohortalihus (avec le commenlaire) ; Mil, \, De numer. et excepioribus ; et 1. 17, C. Th., VUl, vu, De diverm officiit. On trouve dans les inscriptions des Ubrarii juridicundo, des Hhrani prxfecli, etc. (Fabretli. III, 555, p. 212.) Ammien nous montre les notoni courant porter au César Gallus les interrogatoires de ceux qu'il faisait juger. (Àmm. Marc. XIV, 9, § 3.)
1 Une inscription de Mayence nous montre un phabfectcis pàbroruh quideyient tribun de légion, (/itscr. Rhtni^ 416.)
5. Soiii dignil. I, c. xv et C. Th., VUI, i, De numerariit. — awuto» TAiCL. A RAT(io/ii6i«). (OrelU, n" 2854.) scriba a ratiok. abdipicior. (Doni, viu, 7.) Cf. Amm. Marc. XXVIII, 1.
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{inspèctores)^ qui devaient redresser les erreurs du premiei' travail*; les contrôleurs (tabularii)^ qui tenaient les registres des contributions et en délivraient les extraits aux percepteurs*. Ces percepteurs étaient généralement nommés par la curie, à ses risques et périls ; mais l'administration avait, en outre, des agents de contrainte» d'exécution (compulsores ^ exsecutores) pour presser les retardataires ' , des agents de perquisition (discussores) pour rechercher les débiteurs du fisc^« Il en était de l'annone comme des autres impôts. Les citoyens chargés de la recelte [susceptores) y ou, quelquefois, d'autres fonctionnaires tirés de l'office public", devaient
1. G. Th., VI, ni, De prœdiU senatorum, 1. 2 et 3 (396); XIII, x, De ceiMtf, 1. 1 ; XIII, XI, De censitoribus, perœquaioribus et ingpectoribuê; et la note 28 à la fin de ce volume.
2. G. Th., XI, vu. De exactoribus, 1. 12 (382), 1. 16 (401); VHI, x. De conauiionUnu advocatorum, 1. 3 et 4. Il faut remarquer que les mêmes noms (numerarii, tabtUariiy par exemple) peuvent se trouver dans plusieurs branches du service public. Il y avait des agents comptables, des contrôleurs, etc., à peu prés dans toutes les parties de l'administration ; on trouve un soldat de la xxx* légion qui était ou avait été prmfecUu librariorum, (Inscr, Rheni, n* 675.) Grand nombre de tabulariit de scribes de toute sorte, libres ou aiïranchis, sont mentionnés dans ces inscriptions. Nous nous bornons encore à renvoyer aux tables du Corpus huer, latinanan.
3. G. Th., XI, i. De annonU et trihutis, 1. 34 (429) ; VIII, vm. De exêectUorilnu, 1. 3-5; cf. Amm. Marc. XXII, 6, § 1. On les prenait parmi les appariteurs et aulres officiers publics (L. 9, etc.) « ut nec c prœfectianus nec praesidialis apparitor ad solvendum quemquam c urgeret. i (Amm. Marc. XVII, 3, § 6 ; cf. XXII, 6.) Une inscription du temps d*Âuguste est consacrée par un vicarhu k un afTranchi exactor TRiBOTORUM cu Helvétie (iMcr, Rhenij n" 562.) Gf. Gruter, p. 469, 5, et p. 627, 1 : « GOACTOR argent, viator gonsular. et prabt. »
4. G. Th., XI, XXVI, De discussoribus, Gf. H. Naudet, t. I, p. 482, et Baudi di Vesme, Des impositions de la Gaule dans les derniers temps de Vempire romain^ traduit par M. Laboulaye dans la Revtie bretonne.
' 5. Q. VANiLio I G. F. GORDo c(eniurioni) \ lbg. xxi rapag. | pkakf. bquit. I EXACT. TRIBUT. G1VITAT. GALL. (Orclli, u* 3341. Gf. 1. 7, 9 et 20,
garder les matières reçues dans les greniers de l'État ou dans les lieux de dépôt désignés^; et une nouvelle sëi ie d'agents , rattachés à Tadminislration militaire, avaient pour emploi de les faire passer dans les distributions habituelles : le subscribendarius qui, au nom des chefs de corps, ordonnait une répartition et en fixait la quantité ; les actuarii qui tenaient les comptes des soldats et attribuaient à chaque fraction de la légion (numerus) sa part d'annone ; les diumarii qui remettaient à chacun le bon donnant droit à une portion déterminée*; Voptio qui prenait les vivres et les matières des mains du collecteur ou du garde-magasin; Yopinator qui, en cas de retard, en pressait la livraison : des annonariU peut-être les mêmes que les optiones, en faisaient la distribution'* Tout le service inférieur de cette administration des provinces se groupait, dans sa variété, sous trois noms généraux, appariteurs^ officialeSy coAorto/es. Le titre d'appariteur était le plus ancien : c'était le nom des agents qui suivaient jadis les proconsuls dans leurs provinces; et
G. Th., m, ▼!, D^nuceptorihus. Us étaient chargés de lever les espèces de Tannone (1. 9), les prestalions en vin ou en vêtements (1. 4, 15, 51 ; cf. VU, VI, De nUlit, veste), les matières d'or ou d'argent (1. 2, 12, etc.) Cf. Âmm. Marc. XVU, 10, p. 172.