Caton, De re nui, t. Cf. cxui (aun
2ia LIVRE II. CHAPITRE Vî.
qu'elle lui demande Tabondance, qu'elle lui tresse, en certains jours, des couronnes; mais quant aux sacrifices,'qu'ellc sache que c'est au maître d'en faire pour toute la maison*. Varron, Columelle et Pline répètent avec quelques variantes, ces conseils. Varron demande que le chef de la ferme ait sur ses ouvriers l'ascendant de l'éducation, de r.^ge, des mœurs, de Thabilclé, pour qu'il commande par l'exemple comme par la parole, et que ce commandement s'impose par l'autorité de l'expérience et du savoir*. Columelle insiste aussi sur le choix du villicus ; il faut qu'on le prenne non dans cette troupe d'esclaves dont les charmes ont pu séduire le maître à la ville, mnis parmi cette population qu'il est appelé à gouverner. L'auteur voudrait qu'il fût choisi dès l'enfance d:ms cette pensée, habitué à la connaissance des travaux, formé enfin sous la direction du maître, pour mieux la^conlinuer parmi les hommes de peine. Qu'il soit du moins entre les deux âges, habile et
1. « Si eam tibi dederit dominus uxorem, ea esto contentus; ea te i roetuat. Facito ne nimium luxuriosa siet; vicinas aliasque mulieres « quam minimum ulatur. Neve domum, neve ad se recipiat. Âd cœnam « neque eat, neve ambulatrix siet. Rem divinam ni (ne) fadat, neve « mandet qui pro ea faciat, injussu domini aut dominas. Scito dominum c pro tota familia rem divinam facere. Nunda siet; Tîllam conversam « mundamque habeat; locum purum circumversum quotidie, prius- • quam cubitum eat, habeat. Kalendis, idibus, nonis, festus dies quum « erit, coronam in focum indat. Per easdemque dies Lan familiaripro « copia supplicet, etc. » (Caton, De re nul, v. Cf. cxuii (cxliy.) Sur la participation des esclaves au culte des dieux Lares, voyez ci-dessus, p. 88^9.
2. « Qui praesint esse oportere, qui literis, aliqua sint humanitate « imbuti, frugi, aetate majore quam operarios, quos dixi. . . Prseterea f potissimum eos praeesse oportere, qui periti sint rerum rusticarum ; « non solum enim debere imperare, sed etiam facere ut facientem « imitentur, et ut animadvertant eum cum causa sibi praeesse, quod « scientia praestet et nsn. » (Varron, î, xvn, i.) Pline (XVm. vu, 4) renvoie à Caton.
expérimenté, ou capable de le devenir. On n'exige pas qu'il sache lire, si sa mémoire suffit au détail de son administration : a de tels esclaves, disait Ceisus, rapportent à leurs maîtres moins de comptes et plus d'argent ; » et on ne lui demande de la vertu que pour maintenir son autorité sur une ligne moyenne entre la cruauté et la faiblesse*. Columellea, d'ailleurs, pour le retenir à la maison, la même ressource que Caton, la villica. Il la veut jeune, mais pas trop pourtant, ni belle, ni laide; il la veut sobre, chaste, appliquée. Elle aussi, elle a pour devoir d'envoyer aux champs ceux qu'y appellent leurs travaux» de retenir à la ferme ceux qu'elle doit occuper à l'intérieur, et de veiller à ce que la journée ne se perde pas en fainéantises.— D'autres chapitres sont consacrés encore et aux choses qu'il leur interdit et à celles qu'il leur recommande*.
Les devoirs qu'on prêche au villicus et à la villica montrent la condition des esclaves, chefs ou travailleurs, comme on voulait l'établir; les défenses qu'on leur enjoint donnent une idée de ce qu'elle fut parfois, et, pour avoir la réalité toute entière, il faut faire un mélange de ces vertus et de ces vices. Le régisseur, en effet, n'était point si rigoureusement esclave et il prenait encore certaines libertés dans l'exercice de son commandement. Columelleen fait l'aveu : « Plaise aux dieux, » s'écrie-t-il avec l'accent du regret, « qu'ils revivent, ces vieux usages des meilleurs temps, abrogés aujourd'hui, et que l'esclave se fasse encore un devoir de ne point employer d'esclave comme serviteur, si ce n'est pour l'intérêt du maître ; de ne manger que devant la famille, de
i. « Nec tantum operis agrestis sit artifex sed et animi, quantum « servile patitur ingenium, ut neque remisse, neque crudeliler im- « perel. n (Golum. I, viii, 10. Cf. XI, i, pas9im,)