Hic senex, si quid clam uxorem suo animo fecit Tolup
Neque novum, neque minun fecit, nec secus quam alii soient. [Ibid, in fine; cf. Bacchid, in fine,)
232 LlVm: II. CHAPITRE Vî.
de Saturne : roi esclave lui-même, par son origine, ou, du moins, par son nom ^ Les iôtes de Servius se célébraient aux ides de mars, jour de sa naissance, et aux ides d'août, jour où il avait inauguré le temple de Diane, refuge des cerfs ; el les grammairiens (sinon les maîtres) étendaient par métaphore ce nom aux fugitifs * ! Les Saturnales tombaient vers la fin de décembre. En ces jours, les mailres admettaient les eslaves à leur table et leur en faisaient même les honneurs, comme les matrones aux ides de mars. Les esclaves prenaient le bonnet d'affranchi et tous les dehors des hommes libres ; ils se partageaient les magistratures, ils tranchaient du droit, eux qui en étaient exclus'. Ces fôtes, si peu en harmonie d'ailleurs avec l'austère gravité du père de famille, paraissent avoir subi quelques interrup*
i. Plutarque, dans la comparaison de Lycurgue et de Numa, rapporte rinstitution des Saliimales à Numa ; mais Denys d*Halicarnasse et Macrobe Fattribuenl à Servius. Nous nous bornerons, du reste, à de rapides indications sur ce sujet, renvoyant aux dissertations qui en ont traité exprofeno^ et à la source de presque toutes les autres, Juste Lipse, Satumal, ap, Graev., t. iX;p. 1171 et suiv.
2. Macrobe, Saturn. 1, 7, p. 257; Festus, De »ign. verb. Le dernier trait se trouve dans les fragments e cod. fameêj 1. xix : « In Aventino « cujus tutelae sint cervi, a quo[rum] celeritate fugitivos vocent servos (p. 545, éd. Mûller).
5. Ti Twv ^lowoTÔv oxrpta fitTaXap.6avcvTt;. (Dion Cass. LX, 19, p. 957.) « Instituerunt diem festum, non quo cum servis domini vescerentur, « sed quo utique honores iilis in domo gerere, jus dicere permisef runt • (Sén. Ep. xlvh, 12, et le vi<îux poète L. Accius, cité par Macrobe, I, 7, p. 242) :
Et mes traditiis illinc Iste, ut cum dominis famuli epuleutur ibidem.
Lucien dit, dans sa législation des Saturnales (Cronosolon, 18) : « Quand le patron régalera ses esclaves, il les servira lui-même, secondé de ses amis. » Il parait cependant, par le passage de Sénéque, que Ton se bornait à les recevoir à table et à tolérer leurs libertés. (Cf. Horace, SaL II, VII, 4.)
LES ESCLAVES DANS LA FAMILLE. r>3
lions*. Elles étaient oubliées avant la bataille du lac Hhégille ; elles le furent de nouveau après un réiablisscment passager : car on les voit remises en honneur, au milieu des revers de la seconde guerre punique et des tristes présages qui en faisaient craindre de plus sanglants, après les batailles du Tésin et de la Trébie, sous le consulat de Flaminius et de Servilius, nom favorable aux esclaves'; et sans doute elles seraient tombées encore, si elles n'avaient eu d'intérêt que pour eux. La philosophie des maîtres serait venue en aide au sentiment de la dignité du citoyen, pour dissiper cette vaine superstition populaire : « comme si les dieux s'occupaient des esclaves '. » Mais elles se continuèrent dès lors, d'autant plus licencieuses, que le joug ordinaire s'appesantit davantage, d'autant moins exposées à des interruptions nouvelles, qu'elles avaient pris racine au cœur même du peuple romain. Ce peuple, en effet, issu de l'esclavage, avait fait des Saturnales sa fête de prédilection*; et les nouveaux maîtres qu'il se donna durent en prolonger le temps. César les fit de trois jours ; Auguste, probablement de quatre ; Caligula, de cinq, et elles se trouvaient de sept, grâce à la réunion des fêles sigillaires
i . « Saturnalia institutus festus dies. • (T. Live, II, 21 .) Il est probable que ce fut un renouvellement de Tancien usage.
3. « Per urbem S«iturnalia die ac nocte clamatum, populusque eum « diem festum habere ac servare in perpetuum jussus. • (Tite Livc, XXII, 1.)
3. « Quasi vero curent divina de servis. » C'est ce que dit un des adversaires de cette institution dans Macrobe. (Sat, I, il, p. 255.)
4. « Les enfants couraient dans les rues, criant : Voici aujourd'hui les bonnes Saturnales! » (Épict. Dits. I, xxix, 51.) Dans les ÉpUres à Saturne de Lucien, les pauvres se plaignent aux dieux de la fraude et de répargne des riches sur les vins qu'ils leur servent ; les riches répondent en se plaignant des excès des pauvres dans ces festins. (C. .^2 et 58.)
que Ton venait d'atleindre par ce progrès*. Les excès s'en accrurent dans la même proportion, et Thabitude en élait devenue si générale, que TertuUien devait faire honte aux chrétiens de son temps de se mêler encore à ces désordres sacrilèges *.
Le peuple pouvait s'y abandonner sans retenue; mais les esclaves avaient plus d'un souci parmi ces entraînements : car le maître pouvait bien ne pas toujours rire de leurs impertinences ; sa colère élait prompic, et, dans (ous les cas, le réveil pouvait être dur : les Saturnales, fussent-elles de sept jours, avaient leur lendemain'. Quant à l'ordinaire de la vie, ces libertés de Tesclavage, quel qu'en fût le motif, eurent toujours pour frein la brutalité du maître. Nous l'avons vu pour la Grèce, et ces compensations se trouvaient, sans aucun doute, plus communes à Rome que partout ailleurs. Si Plante imite queli]uefois la comédie grecque dans les scènes de familiarité, il n'avait, sur ce dernier sujet, rien à chercher hors de Rome. Il a toute la verve de Toriginalité (et, au théâtre, l'originalité, c'est
i . Macrobe, Sat. ï, 10, p. 249-253. Cf. Dion, LIX, 6, p. 906, 1. 87, et Suét. Calig. 47. Voyez J. Lipse, Sat, 15.
2. Tertuli. De idolol. 14. Indépendamment de ces fêtes solennelles, ils purent, en certains lieux, avoir aussi leur part aux réjouissances ou aux dislribulions publiques. Une inscription de l'île de Syros, au temps de Marc-Aurèle, est consacrée à un archonte qui avait distribué du vin et de l'argent aux citoyens et aux esclaves de la ville d'flermopolis. (Bœckh, Corp, imcr. Grœc, (addenda), n* 2347 AB.)