Témoin Horace à la fin de la satire citée (H, vn
Unde mihi lapidem? — Quorsum est opusT — Unde sagittas? — Aut insanit homo, aut versus facit. — Ocius hinc te Ni rapis, accèdes opéra agro nona Sabine.
rimitation vraie de la nature) dans ces peintures de supplices, dont les maiires menacent les esclaves, et que les esclaves prennent plaisir à braver. C'est une abondance d'expressions, une richesse de formes, une fécondité d'imagination qui ne parait plus grande nulle part ailleurs. Par la nouveauté de ses tournures de phrase et la hardiesse de ses alliances de mots, il anime en quelque sorte les instruments de torture, et identifie les esclaves avec le supplice : ils sont les délices et le désespoir des verges ; ils les feront mourir sur leur dos, ou eux-mêmes tourneront en ormes (ulmeos)^ tant leur substance doit en êlre pénétrée ^... mais comment, sans la langue de Plante, reproduire toute l'énergie de ses images et la vigoureuse précision de sa pensée ?
On pourrait faire un traité complet de tous les genres de supplice usités à Rome, avec les allusions que le poète prodigue çà et là, par forme de menacesou de plaisanteries. D'abord les verges, le bâton, l'aiguillon, les étrivières, etc. ' ; c'était le revenu commun de l'esclavage : « Si tu espères recueillir une bonne vendange de verges sur les ormes ; si tu comptes que l'année te donnera une bonne moisson de coups *. » C'était pour le maître le rudiment de la discipline domestique, discipline qui faisait de l'homme un âne
i. « Virgarum ôlascivia! » (Asin. 282.) Ulmilriba (Pers. 276). «Pla- « gipatidae ferrilribaceis viri » (Mostell, t252), et dans les Captifs (III, IV, 585) :
Vœ illis virgis quae hodie in tergo morientur meoî
ou encore dans ÏAsinaire (II, ii, 346) :
Mihi tibique iiiterminatus 'st nos futures ulmeos.
2. « Supplicîumstimuleum. » (MiLGlor.bl^.) c Stimulorum seges» • épithète de Tesclaye. (Aulul. 7.)