Plante, Capt II, in
rait que l'esclave allai jusque chez cet ami, pour le solliciter, sans être réputé fugitif*. Mais qu'il prenne garde qu'on n'aperçoive dans sa démarche quelque velléité de fuir. Car, eût-il changé de résolution, sa première intention lui a donné le caractère de fugitif, la dernière ne le lui ôlera point*; et dès lors plus de recours, pas même à ces images impériales, devenues un asile dans cette ville qui en avait refusé le privilège aux images des dieux*. Toutes les peines lui sont dues, et le maître ne se bornera pas tou*' jours à quelqueaggravation dans les châtiments ordinaires, à un simple surcroit de coups, de fers ou de Iravçiil, aui menottes, aux entraves, au carcan*; il pourra le livrer aux sanglantes exécutions de l'amphithéâtre, aux combats d'animaux, aux jeux de gladiateurs. Témoin cet Androclus ou Androclès : fugitif, il avait vécu trois ans dans la compagnie d'un lion dont il avait guéri la blessure, et repris, il l'ut envoyé aux arènes, où il retrouva ce lion qui le sauva à son tour'.
En un seul cas, le fugitif était tiré de l'arène ; c'est
1. « Fugitivum non esse qui praBripuisset se ad amicum, quem ad « precandum perduceret.» (L. 1 7, § 4 (Ulp.), D., XXI, i, De œdiL edido.)
2. Cœlius pose Vespèce d'un esclave qui se jeKe dans le Tibre. S*il a quitté son maître dans Tintenlion de se donner la mort, il n'est pas lugitir; mais, s'il a d'abord pensé à fuir, et si, changeant de résolulion, il est allé se noyer, il reste fugitif {manere fugitivum). Malheur, s'il est sauvé ! Ulpien ajoute : « Uaec omnia vera sunt quae Cœlius scribit. • (L 17, § 6, eod.)
5. c Si tamen ante fugit et postea se contulit (ad asylum), non ideo « magis fugitivus esse desinit. » (L. 17, § 12, 0., XXI, i, eorf.) Sur l'asile des images impériales, Sénèque, De clem, I, 18.