‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 119 sur 213 · Patibulus ferar per urbem, deinde adfigar cruci · texte numérisé non relu

Patibulus ferar per urbem, deinde adfigar cruci

(Plaute, Fragm, n, 40, de la pièce intitulée Carbonaria.)

Cf. Casin, II, vu, 330, et Mil, Gloiio», II, iv, 561, avec la note de M. Naudet, et Pétrone, Satyr, 53, p. 257 : « Eodem die Milhridates « servus in crucem actus est. »

4. At, pol, le, si hic sapiat sènex, Atra pix apud carnuficem agitet, tuoque capiti inluceat.

(Piaule, Capt. IH, iv, 531.)

Kl la note de M. Naudet qui rappelle la Tunica molesta de Martial (X, XXV, 5), et le passage fameux de Tacite, XV, 44.

ne sont pas des fantaisies de son imagination, mais des réalités qui se prouvent par l'histoire. L'histoire constate les mauvais traitements auxquels les esclaves étaient exposés; car le droit du maître n'avait point de limite : un Minutius Basilus pratiquait sur eux, par manière de supplice, les plus odieuses mutilations ^ L'esclave était sa chose : libre à lui d'en user et d'en abuser^ Mais pourtant l'inltrêl de l'État peut souffrir d'une liberté trop absolue des citoyens; et, toute sacrée qu'elle était aux yeux de ce peuple de maîtres, l'ancienne loi avait prétendu la modérer en un point. Dans ce travail de la terre, si cher à la vieille Rome, l'homme avait un compagnon, le bœuf : on fit un crime capital de le tuer ', et à cette assertion de Yan*on et de Columelle, Pline joint un exemple : celui d'un citoyen condamné par le peuple à Texil, pour avoir tué un des siens (un bœuf), afin de satisfaire à quelque gourmandise d'un jeune débauché^. Quant à l'esclave, la loi n'a rien changé; l'homme, hors de la cité, n'eut jamais tant de valeur à ses yeux. Flamininus pour condescendre à une fantaisie tout autrement cruelle d'un autre scortum^ pour le dédomma-

i. Âpp. G. ctv. m, 98.

2. i Quum in servum omnia iiceant... » (Sénéque, De clem. 1, 18.) Cf. Sénéque Je père (Controv, V, ixxiv, p. 738. On suppose, dans cette controverse, que Parrhasius a acheté un vieillard d*01ynthe, lorsque Philippe vendit les habitants de cette ville, et qu'il Ta torturé jusqu^à le faire mourir, pour composer son tableau de Prométhée. Il n'est pas besoin de dire que Parrhasius peut être justifié de ce meurtre, beau*» coup plus simplement que ne le fait le rhéteur.

3. i Hic socius horainum in rustico opère et Cereris minister. Âb hoc R anliqui ita abstineri voluerunt, ut capite sanxerint, si quis occi- « disset. » (Varr. De re rutt, II, v, 4. Cf. Colum. VI, praef. 7.)

4. « Bos. . . tantae apud priores curaB, ut sit inter exempla damnalus « a populo romano, die dicta, qui concubino procaci rure omasum « edisse se neganle, occiderat bovem, actusque in exsilium tanquam «r colono suo inlerempto. » (PUne, VIII, lxx, 5. Cf. Val, Maxime, Vin, {damnati), 8.)

ger de n'avoir point joui d'un combat de gladiateurs, faisait couper la tète à un prisonnier, SeojjMÎiKctjç (d'autres disent mètne à un transfuge), et l'on citait parmi les rigueurs de Caton, dans l'exercice de la censure, l'acte qui le retrancha de l'ordre du sénat*. Bientôt, en effet, les maîtres de Rome durent donner de semblables spectacles à cette multitude prostituée. Pour soutenir, à côté des gladiateurs, l'intérêt du théâtre, pour rendre à la tragédie ses émotions, on représentait au naturel les malheurs du jeune Atys, Hercule sur son bûcher, Prométhée sur son roc. Dans ce dernier cas seulement, la mise en scène faisait subir à la fable une légère altération : le vautour qui, sans doute, se fût moins facilement prêté à son rôle était remplacé par un ours\

C'étaient des condamnés ; mais le maître avait le droit de condamner son esclave. Point de contrôle à la sentence, point d'entraves à l'application de la peine : les exécutions s'en faisaient publiquement sous Auguste, et sans son désaveu'. Or, en de pareilles conditions, ce n'était point la justice qui frappait, c'était le pouvoir ; ce fut, par conséquent, bien des fois l'emportement et le caprice. Vedius PoUion, un affranchi parvenu, faisait jeter aux murènes ses esclaves coupables, pour se donner le plaisir de les voir dévorer en entier*, coupables d'une simple offense, ou

i . T. Lite, IXXIXy 42, dont le témoignage s*appuie sur un discours de Caton; Plut. Cat, P Ancien 17, et Flamin. 18. Dans ce dernier passage l'auteur discute les divers témoignages» et aime mieux croire que c^était un criminel.

S. Tertuli. Adv, genU 15, et Martial, lib. De ipectac. ep. vu, où il fait allusion à un fait analogue. Plutarque parle aussi de ces esclaves que les enfants admirent, au tliéàtre, dans leurs vêtements de pourpre et d'or, jusqu*à ce que le feu vienne les envelopper dans les broderies et les fleurs de leur robe. (De la tardive vengeance des dieux, 9, p. 554.) Voyez aussi la note de Clavier à la trad. d'àmyot (c. 19.)

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