Atque ita scrvom par viJetur frugi sesc instituerc
Proinde licri ulsiut, ipse item sit; voltuin c voltu conpai*et : Tristis sil, si lieri sint iristeis; kilanis sit, si gaudeant.
(Plaute, Amphitr. UI, m, 805.)
INFLUENCE SUH LES CLASSES SERYILES, 261
rieurs de la famille, y est, à Tintérieur, directement opposé. L'esclave aussi chercha donc son bien, et le prit où ii le trouva, dans Toisivelé, dans le piuisir, par la ruse, par la fraude, par les détours, le mensonge et le vol : c'était pour lui la fin dernière de la vie et les moyens d'y parvenir. Nous l'avons établi en parlant de Tesclavagc en Grèce, et cela n'est pas moins vrai à Rome : car la constitution de Tesclâvagenediflérait point chez les deux peuples ; et la nature de l'homme, toujours semblable, placée dans les mêmes conditions, soumise à la môme influence, donnera partout les mêmes résultats. Nous pourrions donc rappeler ce que nous avons exposé plus haut. Nous pourrions principalement reprendre à ce premier tableau les emprunts que nous avons faits au théâtre de Rome, pour tenir lieu des scènes qu'il imitait du grec et dont l'original est perdu. Plante surtout nous a donné ce droit par l'inspiration de sa verve et l'originalité de ses peintures ; et c'est pourquoi, dans toutes les pièces où Taveu même de l'imitation ne nous forçait point à reconnaître, au moins dans le cadre général, une copie de la Grèce, nous l'avons réservé comme spécialement romain. Ce n'est pas qu'il soit toujours le peintre des mœurs romaines de son époque : il y avait encore parmi les citoyens une plus forte trace de ces habitudes antiques dont Caton, contemporain de Plante, laisse entrevoir quelque chose dans son Traité d'agriculture ; mais il y avait aussi dans la société une véritable intrusion des mœurs étrangères. Elles s'étaient établies au sommet de l'État; et delà, par l'autorité des plus grandes familles, par l'influence de leurs relations et la force de l'exemple, elles menaçaient de se répandre partout. C'est là ce que Plante attaque sous cette forme toute descriptive, avec non moins de vigueur.
mais avec plus d'habileté que le poète Naevius. S'il parle, comme on Ta dit, à la populace qui remplit le fond du théâtre, il lui parle bien un peu des sénateurs et des chevaliei*s qui occupent les premiers rangs : et ainsi, tout en retraçant des scènes grecques, il est dans la vérité de son temps et de son pays. Je ne sais même si, par l'exagération de ses tableaux, il ne se rapproche pas quelquefois plus encore de Rome que de la Grèce. Le Grec captif à Rome ne fut pas, sans doute, moins habile que TAsialique et le barbare dans la Grèce, à se faire une vie supportable au sein de l'esclavage ; et elle consista toujours dans la bonne chère, la dissipation et le plaisir. Enfermé .dans ce cercle fatal, il sut retrouver pour le mal tout ce qu'il avait de finesse et de ressources ; et Piaule est par excellence le peintre de ces mœurs. Quel laisser-aller dans la gourmandises 6t quelle subtilité dans le voP ! Comme son esclave fait le bon apôtre devant le maître qui se défie^, et de quel dédain il paye la dupe qu'il a trompée^. S'il aime le vin, l'amour, ne lui opposez point la morale faite par les maîtres à son usage : il a pour lui la morale sacrée. Résister à l'amour ! Est-il un Titan pour combattre les dieux*^?