PœnuL I, ii, 263 et suiv. Cf. fr. n, 12, ex Clitellaria
Non quasi ut baec sunt heic limaceis lividœ, Diobolareis, scœnicolie, miraculé,
C'était surtout contre la jeunesse de Rome, plus novice à leurs manèges, que ces femmes, suivantes ou maltresses, également détestables dans leurs conseils ou dans leurs commandements, leur inspiraient cette tactique sans pitié sous prétexte d'amour * : et les peintures de Plante, calquées sur le grec, peuvent, en effet, se comparer à celles qu'en font, bien longtemps après lui, et l'élégie et la satire, Ovide et Properce, Juvénal et Lucien. Voyez à côté d'elles celte figure d'enfant où se marque l'empreinte d'une corruption précoce; écoutez cette parole sans respect et sans pudeur, qui exhale, pour ainsi dire, a chaque saillie, les indices d'une initiation hâlive à tous les mystères du libertinage. Ce petit personnage appartient sans doute à la Grèce : il y est né pour le tourment des vieilles courtisanes et pour la rage des prostilueurs ' ; mais il est venu à Rome : c'est ce jeune étranger, acheté pour sa pétulance et son babil, et formé, sous un tnaitre spécial, à lancer des traits d'insolence aiguisés à loisir' Bien plus, il est aussi de Rome : c'est le vernaj l'enfant de la maison, avec son espièglerie licencieuse et sa grâce déjà flétrie ; c'est ce type de la malice et de l'impertinence
Cum extortis talis, cum crotilis crusculis^ Capillo scisso, atque excissatis auribus, Scratiae, scrupedœ, strictivillse, edentulœ.
1. Piaule, Trucul, II, 196 et suiv. Mostell, I, m, 190; CistelL I, i, 44 : c'est une mère! comme dans les Courtisanes de Lucien.
2. « Scelus tu pueri es. b (Plante, Per$. Il, u, 191.) La réplique de Pégnion le prouve. Voyez principalement une scène de ce jeune drôle avec Sophoclidisque, II, n, et une autre avec Dordalus, V, n.
3. ... Hixtus phariis venalis mercibus inûins, Gompositosque sales, médita taque verba locutus.
(Stace, Sylv. II, i, 7!^.^ Cf. Sènèque, De const. sap. n, 13 : « Pueros quidem in hoc mercan- « tur procaces, et eorum impudentiam acuunt, et sub magistro haa bent, qui probra meditate effuudant : nec bas contumelias vocamus, • sed argutias. » Cf. de Provid. i, et Aulu-Gelle, NocL AU. XVH, 8.
{vemilitas) \ qui égayé, qui bien plus souvent souille les pages de la satire et de la poésie légère, depuis Catulle et Horace jusqu'à Martial et au delà.
Nous avons dit les vertus qu'on demandait à l'esclave» et les vices où il fut entraîné, par la connivence ou contre la volonté du maître, mais toujours par l'influence de son état. En effet, cette morale qu'on faisait tout exprès pour lui, comme elle péchait par le principe, manquait aussi d'une sanction suffisante. C'était dans Tinlérét du maître qù elle avait cherché le fondement du devoir, et c'était dans l'intérêt de Tesclave qu'elle avait cru en trouver la garantie, en lui proposant, comme modérateur suprême, la peur des coups.
On sait avec quelle complaisance ce thème est développé par les bons esclaves de Plante :
<x 11 songera, continuait Messénion, déjà cité, dans les Ménechmes, il songera plutôt à son dos qu'à sa bouche, à ses jambes qu'à son ventre, s'il est d'un tempérament tant soit peu raisonnable. Il doit considérer quelles récompenses les maîtres donnent aux vauriens, aux mauvais sujets, aux fripons : les étrivières, les fers aux pieds, les travaux du moulin, les excès de fatigue, les douleurs de la faim et du froid, voilà le salaire de la mauvaise con-
i. c (]rbanitas in dominos contumeliosa. (Sén. De Const. $ap. n, 15.) Yernacula urbanitas. » (Tacite, U. 88.) Martial (I, xlii, 1) exprime la même chose, en opposant les nuances de ces deux expressions : Urbanns tibi, Ciecili, videris :
Non es, crede mihi. Quid ergo 1 verna es» « . Quod viles pueri salarier um.
m LtVIlE II. CHAPITRE VU.
duite. J'ai grand*peiir de pareils maux, et celte peur salutaire me met à Tabri du mal et sur la voie du bien. Mieux vaut recevoir des ordres que des coups : l'un est trop dur ; pour l'autre, la patience est plus facile. J'aime beaucoup mieux manger la moulure que de suer au moulin ; aussi, mon maître a-t-il en moi un serviteur exact et sage, et je m'en Irouve bien. Que d'autres fassent ce qui leur semble bon ; moi, je fais mon devoir. Je suis toujours en crainte pour n'être jamais en faute, et mon maître me voit toujours prêt à obéir. Un esclave ne vaut quelque chose qu'autant qu'il craint son maitre et qu*il évite les fautes. Ceux que ne relient pas la crainte, commencent par mal faire, et craignent ensuite le mal. Pour moi, je n'aurai pas longtemps à craindre ; le temps approche où mon maître me donnera le prix de mon zèle. Je m'acquitte de mon service de manière à prouver que mon dos m'est cherî. »
Le châtiment, tel était le dernier mot de cette morale. Il planait sur toutes les têlc^, et il eût fallu qu'il entrât dans tous les esprils :
« L'esclave qui, sans être en faute, redoute néanmoins le châtiment, est le seul qui serve bien son maître. Ceux qui ne redoutent rien, une fois qu'ils ont mérité d'être châtiés, ont recours à de sols expédients. Ils s'exercent à la course, ils fuient : mais, lorsqu'ils viennent à être arrêtés, ils ont amassé un pécule de douleurs, ne sachant pas en amasser dautre parleurs économies. Us le grossissent peu à peu, et ils se font, en ce genre, un trésor. Mais moi, qui ai du bon sens, j'a ime mieux me garder du mal à l'avance que d'exposer mon dos à être barbouillé. Ma peau s'est conservée pure et nette jusqu'aujourd'hui; il faut la garantir