‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 136 sur 213 · Ibid, 540-555 (U-ad. de M. Naudet · texte numérisé non relu

Ibid, 540-555 (U-ad. de M. Naudet

rm LIVRE n. CHAPITRE Vil.

« Quel esl l'homme, dilTranion dans la Mostellaria^ qui veut gagner un peu d'argent en se laissant aujourd'hui conduire au supplice à ma place ? Où sont ces roués, ces useurs de fers? Je donne un talent au premier qui courra sur cette croix, mais à la condition qu'on l'attache doublement et des pieds et des bras ! * »

Ainsi la mort n'a plus pour eux de terreur ; ils la bravent quand ils semblent la fuir, et avec quel dédain ilsTattendenl I

« Je sais que la croix sera ma dernière demeure. C'est là que reposent mes ancêtres, mon père, mon aïeul, mon bisaïeul, mon trisateulV »

Sans doulc, il faut faire, dans ces plaisanteries, la part du pocleet des habitudes du théâtre. Il a beau jeu de railler de ces supplices et d'en faire rire les specfaleurs : c'est la loi de la comédie'; mais on ne peut méconnaître que de telles mœurs ne soient aussi dans la nature, et ajoutons même que c'est le résultat le plus net des mauvais traitements. Comment, en effet, eût-on réussi à conduire l'esclave vers la vertu, quand, par un régime tout bestial, on le poussait hors de la nature de l'homme ? Et comment, sur celle pente de la vie animale où il ne pouvait trouver de

Page 1