Val. Max. VI, vu
284 LIVRE H. CIIAPITHE VIIT.
Sylla, fut récompensé de la liberté comme délateur et puni de mort comme traître*; et, pendant le second triumvirat, un misérable, qui avait acheté la liberté par une semblable trahison, ayant poussé Tinsolence jusqu'à se porter adjudicataire des biens du proscrit contre sa famille dépouillée, le peuple contraignit les triumvirs à le rendre à cette famille comme esclave ; un autre ayant révélé la pieuse ruse d'un de ses compagnons, qui avait pris les habits de son maître, pour le sauver, au prix de sa vie, le peuple n'eut point de repos qu'il n'eût contraint les magistrats à mettre le traître en croix, et le serviteur fidèle en liberté *.
Il y a donc parmi les anecdotes une sorte de compensation, et les unes pourront être plus nombreuses que les autres, selon que le moraliste voudra prendre la question au point de vue de la benfaisance ou de la dureté du maîlre. Mais où est le fait le plus général ? L'historien l'a marqué dans ce jugement sur les proscriplions : « La fidélité fut extrême parmi les femmes, moyenne parmi les affranchis, plus rare parmi les esclaves'... dU n'en fut pas autrement à l'époque des délations, sous l'empire. Quand cette loi protectrice des familles, qui défendait de recevoir le témoignage de l'esclave contre son maître, éludée par Tibère, eut été ouvertement supprimée par Caïus, ce fut un débordement d'accusations : on en peut juger par retendue et la durée des satisfactions sanglantes que Claude en voulut tirer * ; et le niai ne cessa point alors. Tacile,en
i. Tile Live, Ep. LXXVU. • Senus, ul praernium promi^si indicii « haberet, manumbsus est, el, ob scelus prodili domini, de saxo dc~ • jeclus est. • G'esl la logique des proscriptions.