Tacite, Ann, XIV
5. c Gonglobata multitudine et saxa ac faces minitante. » (Ibki» 45.)
\m LIVRE II. CHAPITRE Vlti.
mille; il fut aussi, comme nous l'avons vu ailleurs, un péril dans TÉlat.
Rome n'avait pris contre les esclaves aucune des mesures répressives que nous avons trouvées à Sparte ; et de même elle n'avait adopté en leur faveur aucun des ménagements de la politique d'Athènes. Elle les abandonnait aux maîtres, et ne s'en occupait pas davantage, acceptant, sans les provoquer, toutes les conséquences du despotisme domestique, parce qu'elle se sentait assez forte pour les contenir. Mais, dans les premiers siècles delarépublique, la division profonde des deux ordres et l'entier assujettissement de la plèbe aux patriciens donnèrent plus d'une fois aux esclaves des soutiens, et toujours, au moins, des espérances. Quoique moins nombreux, quoique moins froissés, peut-être par la simplicité des mœurs de ce temps, ils ne laissaient point de conspirer, et souvent, au grand péril de l'État. Leur idée fixe était d'incendier la ville et de surprendre le Capitole. Ce fut le but d'une première conjuration, en 501 (av. J. C.) : elle fut découverte, et les coupables mis en croix ; mais, dès Tannée suivante, nouvelle conspiration partagée par la classe inférieure, où l'on commençait à comprendre qu'en chassant les rois on n'avait pas chassé la tyrannie : les chefs encore furent punis de mort \ Un peu plus tard, pendant les guerres contre les Volsques, ce sont les exilés qui se joignent aux esclaves, et le complot débute par un succès : Herdonius, avec quatre mille cinq cents hommes, occupe la citadelle et tue l'un des consuls ; il succombe à son tour sous les efforts des patriciens, et des croix se dressent encore pour les vaincus*. En 419, autre conjuration ; et, cette
i. Denys d'Haï. V, 51 et 55.
a. T. Live, m, 15. Cf. 18, et Dcnys dallai. X, IG. Ou avait dû gar-
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fois, elle parait avoir eu d'assez vastes ramifications dans les campagnes. C'est toujours la pensée de brûler la ville et d'occuper la citadelle, à la faveur de la confusion^ Les conjurés voulaient, de plus, tuer les maiires et se substituer à leur place, en prenant leurs femmes et leurs biens : ce que réalisèrent, par des moyens moins violents et plus heureux d'abord, les esclaves de Volsinies, qui, s*élant saisis du gouvernement, eurent la bizarre idée de donner à leur entreprise une forme légale, s'emparant des biens par des testaments imposés aux maîtres, et autorisant, par ordonnance, tous les caprices de leurs passions brutales envers les femmes '.
Le commencement des guerres puniques, et, plus tard, les victoires d'Annibal en Italie, donnèrent encore des espérances aux class s servils, et ramenèrent quelques complots'. Mais le triomphe de Rome semblait devoir les décourager, et l'union des deux ordres donnait dès lors à la république des garanties plus fortes contre ces mouvements intérieurs. Toutefois, l'accroissement du nombre des esclaves et toules les suites que nous en
der toutes les voies qui aboutissaient au Capitole, de peur que le reste des esclaves et le petit peuple n'ullassent se joindre à ceux qui Toccupaient.
1. c Servitia, urbem ut incenderent, dislantibus locis conjurarunt; « populoque ad opem passiin ferendam teclis intento, ut arcem Capi- € toliumque armati occupèrent. » (T. Live, IV, 45. Cf. Den. d*llal. Ex^ cerpL V, p. 468 (éd. Ângelo Mai).