‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 145 sur 213 · Tite Live, Epii. XV, et Val. Max. IX, i · texte numérisé non relu

Tite Live, Epii. XV, et Val. Max. IX, i

5. Avant le combat de Duilius, 5000 esclaves et 4000 des alliés, des^ tinés au service de la flotte, conjurèrent la ruine de Rome, qui, privée de troupes, ne dut son salut qu'à la délation. (Orose. lY, 7.) En 217, entre les batailles deTrasimène et de Cannes, il y eut un nouveau complot, dénoncé par deux traîtres et puni par le supplice de vingt-cinq esclaves. (T. Live, XXU, 33.)

Il- It)

290 LIVRE n. CHAPITRE YIII.

avons marquées offraient aussi plus d'occasions à ces tentatives. Une guerre servile fut sur le point déclaler, dès 198, aux portes de Rome: c'est en quelque sorte Carthage captive qui faillit surprendre son fier vainqueur. Des otages, donnés par le trailé de 201, étaient gardés à Sélia ; ils étaient des plus nobles familles, et avaient à leur service un grand nombre de serviteurs. Les esclaves se trouvaient aussi fort nombreux chez les habitants : on sortait de la guerre punique; c'étaient en grande partie des hommes de même race, achetés du butin. Us s'entendirent et eurent bientôt communiqué leurs projets aux esclaves du territoire de la ville et des terres voisines de Norba et de Circéi. Tout était prêt: on n'attendait que l'occasion prochaine de jeux annoncés à Sîtia pour attaquer le peuple au milieu du spectacle ; et puis, les habitants surpris et égorgés dans ce soudain tumulte, on s'emçarait de Norba et de Circéi. Le complot fut encore découvert ; deux esclaves vinrent, avant le lever du jour, exposer au préteur C. Lentulus le plan des conjurés. 11 convoque le Sénat, prend ses ordres et part avec cinq lieutenants : quant aux soldais, il en ramassait sur la roule, enrôlant, sous le serment mililaire, ceux qu'il trouvait aux champs; et, avec cette troupe improvisée d'environ deux mille hommes, il arrive brusquement à Sétia. Les chefs de la conspiration sont arrêtés, les esclaves fuient ; on les poursuit dans les champs, on les traque partout: maison ne saisit point tous les coupables et on n'effraya pas leur audace. Ils songeaient à se jeter dans Préneste. Lentulus les devança encore ; et cinq cents qui étaient du complot furent livres au supplice. La ville n'en était pas moins dans la terreur : que des otages, des captifs de Carthage, aient pu concevoir un tel projet !

RÉACTION DE L*ESGLAVAGE. :>91

On établit des postes dans tous les quartiers, on donna ordre aux magistrats inférieurs d'y faire la ronde, aux triumvirs de la prison de redoubler de vigilance, et Ton écrivit aux alliés du Latium de retenir les otages en charte privée, de ne point donner aux captifs moins de dix livres de fers, et de ne les garder que dans la prison ^ publique ^

Ce danger à peine conienu dans le Latium, un autre éclate en Étrurie (196). Un soulèvement d'esdaves y répand^ partout l'effroi, et il faut, pour en triompher, un préteur et une légion : les uns sont dispersés et tués, les autres pris ; les chefs du complot sont frappés de verges et mis en croix, le reste rendu aux maîtres'. Puis c*est en Âpulie (185); des bandes de pâtres conjurés infestaient de leurs brigandages les grands chemins et le domaine public. Le préteur qui avait Tarente pour province crut devoir user d*unc extrême rigueur : sept mille furent condamnés, beaucoup échappèrent, beaucoup subirent le dernier supplice'•

Déjà, dans res complots, il n'était plus question de prendre et de remplacer Rome. La république avait accru ses forces, étendu sa domination et son empire ; et Tesclavàge, quoiqu'il eût suivi le même progrès, demeurait faible, parce que la dispersion et l'isolement ne lui permettait pas d'user de même de ses moyens d'action. C'étaient des efforts audacieux, mais toujoui*s partiels et nécessairement inférieurs aux ressources que Rome trou-

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