‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 148 sur 213 · Plul. Cat. r Ancien, 2i · texte numérisé non relu

Plul. Cat. r Ancien, 2i

lité se fut accrue par ses premiers prestiges, il ne se borna plus à la science des oracles, il prélendit avoir des communications directes avec les dieux, visiblement manifestés ; et pour ne plus descendre de cette région surnaturelle aux yeux du vulgaire, il ne rendait plus de réponse sans vomir des élinéelles et des flammes : un peu de feu et une coquille de noix faisaient tous les frais du miracle ^ Le maitre d'Eunus n'avait rien fait pour combatli'e son influence et diminuer, parmi les esclaves, sa bizarre réputation. Peut-être en tirait-il profit : au moins se plaisait il à l'introduire dans ses festins, pour égayer les convives du sérieux de ses prédictions. L'esclave annonçait qu'il serait roi, et l'on s'amusait à l'interroger sur l'usage qu'il ferait de sa puissance souveraine; plusicui^, prenant sur la table quelques portions de viande, les lui offraient avec prière de s'en souvenir quand il régnerait*.

Mais ces prédictions, qui étaient pour le^s maîtres un sujet de divertissement, nourrissaient les espérances des esclaves ; et il ne fallait plus qu'une occasion, il ne fallait qu'une parole d'Eunus pour que la guerre servile éclatât : Toi casion, la voici.

Ce Damophile, dont nous citions tout à l'heure la dureté et l'insolence, avait le premier rang parmi les riches de la Sicile. Émule des Italiens établis dans sa patrie, lui aussi avait eu l'ambition des grands domaines, des /o/ifundia; il y avait entassé nombre d'esclaves, esclaves de travail, esclaves de luxe, et il faisait vanité de les traîner dans son cortège à travers le pays, armés comme des soldats ou parés des plus riches vêtements. Mais cette niagni-

i, Diod. Fragm. XXXIV, n, 7. Cf. Michelet^ Histoire romainejW, p. 125.

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