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ses esclaves ouvriers. On lui donna six nouvelles légions. Contre des hommes si braves, qui faisaient métier de la mort, il ne pouvait vaincre que par la discipline. Pour rétablir plus fortement, il ne recula devant aucun moyen. Dans un premier combat, les troupes confiées au lieutenant Mummius avaient fui : il les fit décimer, à la manière des ancèlres*. Mais, tandis que Crassus retrempait dans le sang de ses légions la discipline de la vieille Rome, le désordre se mettait dans Varmée de Spartacus. Les Gaulois, les Germains, se séparaient encore et se faisaient batire en Lucanie. Spartacus, devant ces exemples, conçut un grand projet ; il voulut gagner la Sicile, cette terre classique des guerres d'esclaves, où la révolte avait montré tant d'ensemble et de discipline autrefois*, où elle couvait toujours sourdement : ce Deux mille hommes eussent suffi, » dit Plutarque, ce pour y rallumer la guerre servile à peine éteinte, et qui ne demandait qu'une étincelle pour prendre feu' » Il s'approcha du détroit ; il traita avec les pirates, cette autre puissance qui dominait alors toute une partie du monde romain. Craignirent-ils de perdre la Sicile où ils trouvaient tant de facilités sous le gouvernement de Verres ? Que la trahison fût ou ne fût pas calculée (et, après tout, elle était impolitique), ils trompèrent Spartacus, reçurent ses pré-
i. Les cinq cents hommes qui, formant l'avant-garde, avaient donné l'exemple de la fuite, furent placés hors des rangs ; on les partagea en cinquante dizaines, et chaque dizaine fit mourir elle-même celui que le sort désigna. (Plut. Crass. 14.) Âppien exagère quand il parle de deux légions consulaires ; mais il rapporte une opinion plus exagérée encore, selon laquelle Crassus aurait fait décimer toutes les légions, sans reculer devant le massacre de quatre mille hommes. [G. civ., 1, 118.)
2. L'armée de Spartacus, en Italie, était surtout recrutée de pâtres, accoutumés à toutes les libertés de ce genre d'esclavage ; les révoltés de Sicile étaient plus généralement cultivateurs, formés à la discipline par les dures et sévères habitudes de leur travail.