Plut. r. Gracchus
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35i LIVRE II. CHAPITRE II.
rets de plus d'un genre parmi les peuples : «11 s'agit de savoir, » ajoulait-il.K si Ton gagnera ce qui reste ou si Ton perdra ce qu'on a*.»
Cette vive intelligence des grands intérêts de la patrie s'attaqua vainement au froid égoîsme des riches; ces craintes, ces espérances, s'évanouissaient devant le sentiment de ce danger plus immédiat dont la loi menaçait leurs biens. Était-il 'juste de leur reprendre l'héritage de leurs pères, les dots de leurs femmes, les fruits mêmes de leur travail ? car beaucoup avaient acquis ces biens à titre onéreux ; plusieurs en avaient doublé la valeur par des plantations, par des construclions, par des améliorations de diverses sortes ; et, alors même qu'on les leur payait, l'indemnité pouvait-elle alleindre au prix qu'ils y attachaient par l'effet de l'habitude et des souvenirs*? La loi ne paraissait donc ni jqste, ni équitable ; et, quand on refusait de voir ce qu'exigeait le droit public et ce que les mesures de Tiberius y apportaient d'adoucissement, comment l'eût-on trouvée opportune, comment eût-on ouvert les yeux sur ces nécessités si graves que le tribun montrait au delà de l'intérêt présent !
Les riches, un instant déconcertés par le rang de Tiberius et des patrons de sa loi, émus par le spectacle de cette foule pleine d espérance, se rassurèrent bientôt par leur masse, et trouvèrent, dans le tribunat même, un moyen de paralyser l'acte du tribun; ils gagnèrent Oclavius, qui frappa du veto la proposition de son coll^igue. Tiberius la retira, dit-on, mais pour en reproduire une autre qui n'était plus que dune stricte et dure justice. C'était l'ancienne loi, moins ces mesures d'équité par les-