‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 176 sur 213 · App. Guerres civ. 1, n. — 2. Ihid · texte numérisé non relu

App. Guerres civ. 1, n. — 2. Ihid

quelles il l'avait adoucie : lous ceux dont les possessions dépassaient les limites légales devaient s'y réduire à l'instant, et rendre le reste*. Cette mesure de rigueur, dont Plutarque seul a parlé, ne pouvait être qu'une menace, et Tiberius était plus fort contre son collègue en maintenant devant lui l'ensemble de ses propositions si modérées. Vainement essaya-l-il de le ramener au sentiment de son devoir de tribun ; vainement lui offrit-il de prendre le peuple lui-même pour juge, en le faisant voter sur la déposition de l'un des deux, et d'abord sur lui-même. Oclavius refusant, c est sur lui seul que l'on ' vola; il fut destitué, et la loi passa' ; mais, pour la faire passer, le tribunat avait perdu la force dont il avait besoin pour la faire vivre et la défendre ; il avait perdu sa propre essence et sa nature : l'inviolabilité.

Les ennemis de Tiberius ne manquèrent pas d'en profiter. En se découvrant lui-même, il leur avait donné des armes. Ifs en usèrent perfidement pour le ruiner dans l'affection du peuple, avant de lui porter le dernier coup. Us demandaient si l'on devait tant se réjouir d'avoir acheté une loi au prix de cette magistrature populaire... Ni les affronts dont Tiberius était l'objet, ni cette haine qui déjà frappait autour de lui ses victimes, ni le spectacle de ces jeunes enrants, que le tribun en deuil venait recommander à la tutelle du peuple, ne mettaient les esprits en défense contre ces insinuations dangereuses '• Déjà il fallait qu'il en vint à des justifications, a Qu'est-ce que le tribunat, » disait-il, « et pourquoi l'inviolabilité qu'on y rattache? Le

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