‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 177 sur 213 · Plnt.,iftfVf · texte numérisé non relu

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356 LIVKE II. CUAPITRE IX.

tribun n'a-l-il point été crée pour les intérûls du peuple, et peut-il être encore inviolable, quand il se tourne conlre la cause pour laquelle il a été rev'lu d'un caractère sacré*? » Mais qu est ce qu'une inviolabilité qui peut être mise en que tion et reniée? Tiberius avait-il eu tort de la méconnaître? On hésite à le dire. Sans doute, la loi agi'airc valait bien alors ce tribunat, vaine ombre de lui-môme, que les chefs du peuple, passant à la noblesse, avaient laissée derrière eux, comme pour donner le change à sa misère par un faux semblant de proleclion. Mais cette ombre était chère encore au peuple; et non sans raison : Tiberius, qui avait voulu lui rendre la vie, ne pouvait pas, sans péril pour l'avenir, en détruire les formes consacrées. Ce fut ce qui le perdit. Si le peuple, en effet, ne se laissa point entraîner jusqu'au ressentiment, il en vint au moins à rindifférence ; et, aux élections tribunitiennes, alors que Tiberius avait besoin de tous ses partisans pour se faire continuer au pouvoir et assurer le maintien de son œuvre, les tribus rustiques lui firent défaut*. Les tribus urbaines ne pouvaient lui venir en aide que dans une lutte armée, et le tribun vint les solliciter lui-même, au moins pour se défendre*. Mais Rome n'était point habituée encore à ces guerres intestines. La vue du grand pontife, et du sénat qu'il entraînait après lui, troubla et dissipa cette multitude incertaine ; et Tiberius, attaqué dans le Capitoîe, vint tomber aux pieds des statues des rois*. Le tribun n'était plus, mais la loi restait, et le sénat

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2. App. G. civ, I, 13 et 14. — 3. App. G. civ. I, 14 et 15, et PIqI. r. Gracch, 16. — 4. App. G. civ. ï, 16.

parut vouloir la mainfenir. Content de la morl de Tiberius, il éloigna même le meurtrier, et, comme pour donner au peuple un gage de plus de sa bonne foi, il conserva au parti du tribun le soin d'exécuter son œuvre*. Ce fut de sa pari une habile politique : car, autant la proposition de la loi était facile et populaire, autant Texécution devait rencontrer d'obstacles et susciter de haines. Il était juste que le parti qui en avait posé le principe en recueillit les conséquences ; et le sénat ne doutait pas que la loi, dont il eût fortifié les racines en cherchant à les détruire, ne périt, en quelque sorte, d'elle-même, parmi les difficultés de l'application.

Ces difficullés sont une preuve irréfutable de son véritable caractère. S'il se fût agi de réduire tout patrimoine, en général, à la mesure déterminée, rien de plus injuste sans doute, mais rien de plus simple : c'était une question d'arpentage. Mais, s'il s'agit exclusivement du domaine public, en même temps que Texéculion devient juste, les difficultés commencent : car, avant de mesurer, on devra distinguer, et c'est dans cette distinction du domaine public et du domaine privé que réside tout l'embarras^. Il faudra remonter, en effet, à l'origine des biens, rechercher les titres et les contrôler avant de les admettre ; il faudra suivre la terre publique, affermée au premier colon, entre les mains

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